Nat Simons - Lights (2018)

sábado, 30 de diciembre de 2017

El cementerio marino - Paul Valéry - Francia


Le cimetière marin

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencee
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir!
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.

Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme, et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi
Tant de sommeil sous une voile de flamme,
O mon silence! . . . Édifice dans l'ame,
Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit!

Temple du Temps, qu'un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m'accoutume,
Tout entouré de mon regard marin;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine sème
Sur l'altitude un dédain souverain.

Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche où sa forme se meurt,
Je hume ici ma future fumée,
Et le ciel chante à l'âme consumée
Le changement des rives en rumeur.

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change!
Après tant d'orgueil, après tant d'étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m'abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.

L'âme exposée aux torches du solstice,
Je te soutiens, admirable justice
De la lumière aux armes sans pitié!
Je te tends pure à ta place première,
Regarde-toi! . . . Mais rendre la lumière
Suppose d'ombre une morne moitié.

O pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d'un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l'événement pur,
J'attends l'écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l'âme un creux toujours futur!

Sais-tu, fausse captive des feuillages,
Golfe mangeur de ces maigres grillages,
Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,
Quel corps me traîne à sa fin paresseuse,
Quel front l'attire à cette terre osseuse?
Une étincelle y pense à mes absents.

Fermé, sacré, plein d'un feu sans matière,
Fragment terrestre offert à la lumière,
Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,
Composé d'or, de pierre et d'arbres sombres,
Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombres;
La mer fidèle y dort sur mes tombeaux!

Chienne splendide, écarte l'idolâtre!
Quand solitaire au sourire de pâtre,
Je pais longtemps, moutons mystérieux,
Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes,
Éloignes-en les prudentes colombes,
Les songes vains, les anges curieux!

Ici venu, l'avenir est paresse.
L'insecte net gratte la sécheresse;
Tout est brûlé, défait, reçu dans l'air
A je ne sais quelle sévère essence . . .
La vie est vaste, étant ivre d'absence,
Et l'amertume est douce, et l'esprit clair.

Les morts cachés sont bien dans cette terre
Qui les réchauffe et sèche leur mystère.
Midi là-haut, Midi sans mouvement
En soi se pense et convient à soi-même
Tête complète et parfait diadème,
Je suis en toi le secret changement.

Tu n'as que moi pour contenir tes craintes!
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
Sont le défaut de ton grand diamant! . . .
Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,
Un peuple vague aux racines des arbres
A pris déjà ton parti lentement.

Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L'argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs!
Où sont des morts les phrases familières,
L'art personnel, les âmes singulières?
La larve file où se formaient les pleurs.

Les cris aigus des filles chatouillées,
Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
Le sein charmant qui joue avec le feu,
Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
Tout va sous terre et rentre dans le jeu!

Et vous, grande âme, espérez-vous un songe
Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge
Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici?
Chanterez-vous quand serez vaporeuse?
Allez! Tout fuit! Ma présence est poreuse,
La sainte impatience meurt aussi!

Maigre immortalité noire et dorée,
Consolatrice affreusement laurée,
Qui de la mort fais un sein maternel,
Le beau mensonge et la pieuse ruse!
Qui ne connaît, et qui ne les refuse,
Ce crâne vide et ce rire éternel!

Pères profonds, têtes inhabitées,
Qui sous le poids de tant de pelletées,
Êtes la terre et confondez nos pas,
Le vrai rongeur, le ver irréfutable
N'est point pour vous qui dormez sous la table,
Il vit de vie, il ne me quitte pas!

Amour, peut-être, ou de moi-même haine?
Sa dent secrète est de moi si prochaine
Que tous les noms lui peuvent convenir!
Qu'importe! Il voit, il veut, il songe, il touche!
Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
À ce vivant je vis d'appartenir!

Zénon! Cruel Zénon! Zénon d'Êlée!
M'as-tu percé de cette flèche ailée
Qui vibre, vole, et qui ne vole pas!
Le son m'enfante et la flèche me tue!
Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
Pour l'âme, Achille immobile à grands pas!

Non, non! . . . Debout! Dans l'ère successive!
Brisez, mon corps, cette forme pensive!
Buvez, mon sein, la naissance du vent!
Une fraîcheur, de la mer exhalée,
Me rend mon âme . . . O puissance salée!
Courons à l'onde en rejaillir vivant.

Oui! grande mer de delires douée,
Peau de panthère et chlamyde trouée,
De mille et mille idoles du soleil,
Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,
Qui te remords l'étincelante queue
Dans un tumulte au silence pareil

Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux rejouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!


El cementerio marino

Ese techo -palomas y caminos-
entre tumbas palpita y entre pinos.
Filo del mediodía, arde la amarga
mar, la mar siempre recién renacida.
¡Premio al pensar: cómo después mi vida
calma en los dioses su mirada larga!

¡Que un tejer de relámpagos consuma
tanto diamante efímero de espuma,
y la paz por ventura comprendemos!
Pues cuando un sol reposa en el abismo,
labores puras de un Principio mismo,
el tiempo brilla y, al soñar, sabemos.

Tesoro estable, templo de Minerva,
sosiego en masa y lúcida reserva,
Agua parpadeante, Ojo que ocultas
bajo la llama tanto sueño y calma,
¡oh mi silencio!... Edificio en el alma,
colmo de oro, techo que sepultas.

Templo del Tiempo en un suspiro, un rapto,
Trepo a ese punto puro y a él me adapto
y en torno esparzo mi mirar marino.
Y a los dioses elevo -ofrenda suma-
tanto imposible hervir de luz y espuma
desparramando un tedio diamantino.

Como la fruta en goce se resuelve
y su ausencia en delicia que no vuelve
en una boca que abolió su esfera,
mi porvenir de humo aspiro en vida
y el cielo canta al alma consumida
cómo en rumor se muda la ribera.

¡Mírame otro, oh bello, oh cierto cielo!
Tras tanto orgullo y tan extraño anhelo
de ociosidad colmada de pujanza,
a este espacio me doy. Mi sombra leve
sobre las casas de los muertos mueve
sus velos y se humilla a su mudanza.

El alma expuesta a antorchas de solsticio,
¡yo te sostengo, riguroso quicio,
ley de la luz en armas, sin piedad!
Pura, te vuelvo hasta tu antigua cumbre.
¡Contémplate!... Mas devolver la lumbre
supone en sombra aciaga otra mitad.

Para mí solo, solo, donde mana
de mi íntima poesía la fontana,
entre el vacío y el suceso puro,
aguardo el eco de mi hondura interna
sombría, amarga y música cisterna,
alma hueca de un son siempre futuro.

¿Sabes, falsa cautiva de esas frondas
o rejas que devoras con tus ondas,
a ojos ciegos secretos esplendentes,
qué cuerpo me empereza hacia esta nada,
a esta tierra de huesos abonada?
Una centella piensa en mis ausentes.

Sacro redil, lleno de un fuego alado,
trozo de tierra a la luz ofrendado,
en él, ¡antorchas!, quiero complacerme.
Árboles, oro, piedra y mármol tanto
temblando sobre tanta sombra y llanto.
La mar -leal- sobre mis tumbas duerme.

¡Ladra tú, perra espléndida, al impío
idólatra! Que yo, pastor, sonrío
y apaciento carneros misteriosos,
blanco rebaño de las tumbas quietas.
Aléjame palomas recoletas,
baldíos sueños, ángeles curiosos.

Y el porvenir es ya pereza. Rasca
la agria chicharra y chasca la ojarasca.
Todo, ardido, deshecho, va a la altura,
por el aire, a no sé qué grave esencia.
Vasta es la vida, en embriaguez de ausencia,
la mente clara y dulce la amargura.

Escondidos aquí en el cementerio
que los calienta y seca su misterio,
los muertos bien están. Y arriba el quieto
Mediodía en sí piensa, a sí se gusta.
Cabeza en paz, diadema que se ajusta,
en ti yo soy el devenir secreto.

¡Me tienes sólo a mí entre tus temores!
Mis desmayos, mis dudas, mis dolores
son el defecto de tu gran diamante.
Pero en su noche, toda hundida en mármoles,
un pueblo en las raíces de los árboles
vaga hacia ti, despacio, vacilante.

Ya se han fundido en una ausencia espesa.
Bebió la arcilla roja de la huesa
la blanca especie. Y flores allí oscilan.
¿Y las frases queridas de los muertos?
¿Y el arte, el alma, personales, ciertos?
Donde lloros manaban, larvas hilan.

Chillidos de muchachas retozadas,
ojos, dientes, mejillas mal gozadas,
el seno audaz que juega con el fuego,
sangre en los labios que por fin se entregan,
últimos dones, dedos que aún los niegan:
¡Todo va bajo tierra y vuelve al juego!

¿Y tú, alma grande, un sueño acaso esperas
que ya no mienta tintas lisonjeras,
como ese oro, esas ondas en vaivén?
Disuelta ¿aún cantarías? ¡Bah! ¡Todo huye!
Mi presencia porosa se diluye
y la santa inquietud muere también.

Flaca inmortalidad, negra y dorada,
consoladora horrenda y laureada
que nos cambias la muerte en madre tierna.
Qué lindo embuste y qué piadosa traza.
¿Quién que ya los conozca, no rechaza
al cráneo huero y a su risa eterna?

Padres hondos, cabezas no habitadas,
bajo el peso de tantas paletadas,
tierra sois en que el paso se me pierde.
El gusano, tan cierto, que me roe,
a vosotros, durmientes, no os corroe.
¡Vive de vida y sin cejar me muerde!

¿Amor quizá o es odio de mí mismo?
Su oculto diente ahínca en tal abismo
que cualquier nombre le es indiferente.
Qué importa. Mira y quiere y sueña y toca
y le tienta mi carne y le provoca.
¡Viviendo estoy de ser de ese viviente!

¡Zenón, Zenón de Elea la nombrada!
¿Me has traspasado con tu flecha alada
que vibra y quieta está, vuela y no vuela?
¡Me engendra el son, me mata la saeta!
¡Oh Sol!... ¡Qué sombra de tortuga, meta
del alma. Aquiles que el correr congela!

¡No, No! ¡De pie! ¡A la era sucesiva!
¡Rompe, cuerpo, esta forma pensativa!
¡Bebe el nacer del viento que te sonda!
Esa frescura que la mar exhala
-¡la sal!- me vuelve el alma y me regala.
¡Corred! ¡Saltad! ¡A hundirnos en la onda!

¡Sí, delirante mar alborotada,
piel de pantera y clámide estofada
por mil soles que al sol heredan culto,
hidra absoluta, carne azul de ola
que te muerdes las chispas de tu cola
en un sordo y unánime tumulto!

¡Hay que vivir! ¡Ya se levanta el viento,
cierra, abre el libro, a ráfagas, violento!
¡Allá van olas, chocan, se deshacen!
¡Volad, páginas mías, deslumbradas!
¡Romped, olas del júbilo brotadas,
el techo liso en que los foques pacen!
Traducción de Gerardo Diego

jueves, 28 de diciembre de 2017

Libertad - Paul Éluard - Francia


Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.


Libertad

Sobre mis cuadernos de escolar 
Sobre mi pupitre y los árboles 
Sobre la arena sobre la nieve 
Escribo tu nombre

Sobre todas las páginas leídas
Sobre todas las páginas en blanco
Piedra sangre papel o ceniza
Escribo tu nombre

Sobre las imágenes doradas
Sobre las armas de los guerreros
Sobre la corona de los reyes
Escribo tu nombre

Sobre la jungla y el desierto
Sobre los nidos sobre las retamas
Sobre el eco de mi infancia
Escribo tu nombre

Sobre la maravilla de las noches
Sobre el pan blanco de los días
Sobre las estaciones desposadas
Escribo tu nombre

Sobre todos mis retazos de azur
Sobre el estanque sol mohoso
Sobre el lago luna viviente
Escribo tu nombre

Sobre los campos sobre el horizonte
Sobre las alas de los pájaros
y sobre el molino de las sombras
Escribo tu nombre

SObre cada aliento de la aurora
Sobre la mar sobre los barcos
Sobre la montaña enloquecida
Escribo tu nombre

Sobre la espuma de las nubes
Sobre los sudores de la tormenta
Sobre la lluvia espesa insípida
Escribo tu nombre

Sobre las formas centelleantes
Sobre las campanas de colores
Sobre la verdad física
Escribo tu nombre

Sobre los senderos despiertos
Sobre las rutas desplegadas
Sobre las plazas desbordadas
Escribotu nombre

Sobre la lámpara que se enciende
Sobre la lámpara que se apaga
Sobre mis casas reunidas
Escribo tu nombre

Sobre el fruto cortado en dos
Del espejo y de mi cuarto
Sobre mi lecho concha vacía
Escribo tu nombre

Sobre mi perro goloso y tierno
Sobre sus orejas erguidas
Sobre su pata desmañada
Escribo tu nombre

Sobre el trampolín de mi puerta
Sobre los objetos familiares
Sobre la onda del fuego bendito
Escribo tu nombre

Sobre el vitral de las sorpresas
Sobre los labios atentos
Muy por encima del silencio
Escribo tu nombre

Sobre mis refugios destruidos
Sobre mis faros desplomados
Sobre los muros de mi hastío
Escribo tu nombre

Sobre la ausencia sin deseos
Sobre la soledad desnuda
Sobre el escalón de la muerte
Escribo tu nombre

Sobre la salud recobrada
Sobre el peligro que se aleja
Sobre la esperanza sin recuerdos
Escribo tu nombre

Y por el poder de una palabra
Vuelvo a recomenzar mi vida
Yo nací para conocerte
Para nombrarte

Libertad.
Traducción de Rafael Alberti y Mª Teresa León
Liberté - Enfoirés, 2016

martes, 26 de diciembre de 2017

On the Beach at Night Alone - Walt Whitman - Estados Unidos


On the Beach at Night Alone

On the beach at night alone,
As the old mother sways her to and fro, singing her husky song,
As I watch the bright stars shining, I think a thought of the clef of                                                                            [the universes, and of the future.

A vast similitude interlocks all,
All spheres, grown, ungrown, small, large, suns, moons, planets
All distances of place however wide,
All distances of time, all inanimate forms,
All souls, all living bodies, though they be ever so different,                                                                            [or in different worlds,
All gaseous, watery, vegetable, mineral processes, the fishes,                                                                                   [the brutes,  
All nations, colors, barbarisms, civilizations, languages,
All identities that have existed, or may exist, on this globe,                                                                                    [or any globe,
All lives and deaths, all of the past, present, future,
This vast similitude spans them, and always has spann’d,
And shall forever span them and compactly hold and enclose them.


En la playa, de noche, solo

En la playa, de noche, solo.

Mientras la noche antigua se mueve de aquí
para allá, cantando, ronco su canto.

Mientras oteo las estrellas lucientes -que relucen-
y me pongo a pensar en la clave del universo,
en el porvenir,

Una vasta similitud lo entrelaza todo.

Todas las esferas, acabadas, inacabadas,
Diminutas, grandes, soles, lunas, planetas.

Todas las distancias, aunque vastas, en el espacio,

Todas las distancias en el tiempo, todas las formas inanimadas,

Todas las almas, todos los cuerpos vivos
Por diferentes que fueran o en diferentes mundos.

Todos los procesos, gaseosos, acuáticos, vegetales,
minerales, los peces, los brutos.

Todas las naciones, coloraciones, barbaries,
civilizaciones, lenguas.

Todas las identidades que han existido
o puedan exirtir en este Globo o en otros Globos, 

Todas las vidas o todas las muertes,
todas las del pasado, el presente y el futuro,

Esta vasta similitud las abarca a todas
y siempre las ha abarcado.

Y las abarcará para siempre y las mantendrá
compactas y encerradas.
Traducción de Jorge Guillén

domingo, 24 de diciembre de 2017

Curtido y destocado - J. V. Foix - España


Bru i descofat

Bru i descofat, descalç, d’aventura,
en dia fosc, per les platges desertes
errava sol. Imaginava inertes
formes sense aura i nom, i llur pintura.
I veia, drets davant llur sepultura,
homes estranys amb les testes obertes,
un doll de sang en llurs ombres incertes,
i un cel de nit fent dura llur figura.
Entre sospirs, el seny interrogava
si veia just: ¿Les imatges funestes
eren en mi o en la natura brava?
I m’ho pregunt encara en mil requestes:
les ficcions -i jo en visc!-, fan esclava
la ment, o són els seus camins celestes?


Curtido y destocado

Curtido y destocado, a la aventura,
Descalzo recorrí playas desiertas
En fosco día, viendo formas yertas
Exentas de aura, nombre y su pintura.
Salidos de su propia sepultura,
Hombres con las cabezas entreabiertas,
Vagas sombras de sangre recubiertas
Que al cielo endurecían su figura.
La razón, suspirando, preguntaba
Si yo engendraba las imágenes funestas
O la naturaleza las formaba.
Mil veces considero estas propuestas:
Las ficciones que vivo: ¿Hacen esclava
A mi mente o más bien son respuestas?
Traducción de Manuel Longares

viernes, 22 de diciembre de 2017

Fragmentos de Chants de refus (Cantos de rechazo) - Anise Koltz - Luxemburgo


Chaque aube
est une promesse d’éternité

Chaque couchant
sa flamboyante annulation


El alba es 
una promesa de eternidad

El ocaso
su fulgurante anulación

~~~~

Les portraits
épuisés comme les jardins
en automne
gèrent leur passé fané


Los retratos
consumidos como los jardines 
en otoño
administran su pasado marchito

~~~~

Nous avons quitté la mer
ril y a des milliards d’années

La terre nous a été promise
elle nous sortira par la bouche


Salimos del mar 
hace miles de millones de años

Nos prometieron la tierra
por la boca nos saldrá

~~~~

Je cours
à perdre haleine
le long de mes vertèbres
avec la terreur
de ne jamais aboutir


Por mis vértebras
corro 
hasta perder el resuello
con el terror
de no llegar nunca

~~~~

Je me tais
Mes poèmes stockés
dans des silos
pourrissent

La plante de mes pieds
ne s’enracine pas


Me callo
Mis poemas 
almacenados en silos
se pudren

La planta de mis pies 
no echa raíces

~~~~

Mes poèmes me sont étrangers
comme les peintures rupestres

J’ignore leur origine et leur âge
parfois je reconnais un détail
un animal familier


Mis poemas me resultan extraños
como pinturas rupestres

Ignoro su origen y su edad
a veces reconozco un detalle
un animal familiar

~~~~

Tous les poèmes
non écrits
pèsent sur moi
comme l’ombre accumulée
d’un été


Los poemas 
no escritos 
pesan sobre mí
como la sombra acumulada 
de un verano

~~~~

Poissons des grands fonds
les phrases meurent
dès qu’elles montent
a la surface


Peces abisales
las frases mueren
en cuanto suben 
a la superficie

~~~~

Parfois une parole
tombe du ciel
avec une goutte de pluie
un flocon de neige

Elle ne vise personne
mais recouvre tout à coup
un paysage


A veces una palabra
cae del cielo
con una gota de lluvia
un copo de nieve

No va dirigida a nadie
pero cubre de golpe
un paisaje
Traducción de José M. G. Holguera

miércoles, 20 de diciembre de 2017

Piedra sobre piedra - Juan Manuel Roca - Colombia


Con las piedras lanzadas
contra mí
he construido
los muros de mi casa
Anise Koltz
Con las que han arrojado a mi paso
Podría edificar un estadio,
Un teatro y un sonoro Coliseo.
La Bolsa de valores,
Dos catedrales y un cementerio.
El estadio para que tremolen
Sus banderas mis enemigos.
El teatro para que ensayen
El tiro al blanco del furor o el improperio.
El Coliseo, cepo de odio, foso romano
Donde rujan los leones de su ira.
La bolsa de valores en la que fijan precio
Al vicio de respirar que me acompaña.
Una catedral con piedras de presidio.
Otra con vitrales y escenas de caza
En las que huyo, asediado por la jauría.
Y un inmenso cementerio imaginario,
Querida Anise Koltz,
Un inmenso cementerio
Donde abono las flores del olvido.

lunes, 18 de diciembre de 2017

Literatura y fútbol/ 6 - Fragmento de El gol y la memoria - Andrés Neuman - Argentina-España


Andrés Neuman, escritor argentino afincado en España desde hace unos cuantos años, escribió en la revista literaria Mercurio de junio de 2002 una evocación de su infancia bonaerense titulada El gol y la memoria. El texto comienza parafraseando a Antonio Machado con la sigiente frase: Mi infancia son recuerdos de un patio con gravilla... Genial.

[...] Por eso Maradona, además de un imposible cuento fantástico en diez segundos, con aquel gol zigzagueante acababa de escribir, sin saberlo, el nuevo Martín Fierro. Todo un poema épico que, además de ser relatado hasta la saciedad en las calles, venía a terminar de dibujar el espejismo de la reconstrucción.

Me recuerdo, tras el mundial de México, hojeando la prensa en busca de reportajes sobre la selección. Y recuerdo también aquellas fotos de aquel anciano que, con el tiempo, se me iría también divinizando. Aquel anciano cuyo rostro, entonces, no reconocí del todo. Las noticias alternaban fútbol y literatura. El mes de agosto de 1986 iba entibiándose. Maradona acababa de levantar la copa, y Borges acababa de agachar la cabeza. Por aquel entonces, leía yo novelas de aventuras, de misterio o de terror. Dentro del colegio -donde no había alumnas- buscaba una amiga en la pelota. [...]

sábado, 16 de diciembre de 2017

Confianzas - Juan Gelman - Argentina


se sienta a la mesa y escribe

"con este poema no tomarás el poder" dice

"con estos versos no harás la Revolución" dice
"ni con miles de versos harás la Revolución" dice


y más: esos versos no han de servirle para

que peones maestros hacheros vivan mejor

coman mejor o él mismo coma viva mejor
ni para enamorar a una le servirán


no ganará plata con ellos

no entrará al cine gratis con ellos

no le darán ropa por ellos
no conseguirá tabaco o vino por ellos


ni papagayos ni bufandas ni barcos

ni toros ni paraguas conseguirá por ellos

si por ellos fuera la lluvia lo mojará
no alcanzará perdón o gracia por ellos


"con este poema no tomarás el poder" dice

"con estos versos no harás la Revolución" dice

"ni con miles de versos harás la Revolución" dice
se sienta a la mesa y escribe

jueves, 14 de diciembre de 2017

Literatura y fútbol/ 5 - El hincha de fútbol - Eduardo Galeano - Uruguay


Una vez por semana, el hincha huye de su casa y asiste al estadio.

Flamean las banderas, suenan las matracas, los cohetes, los tambores, llueven las serpientes y el papel picado; la ciudad desaparece, la rutina se olvida, sólo existe el templo.

En este espacio sagrado, la única religión que no tiene ateos exhibe a sus divinidades. Aunque el hincha puede contemplar el milagro, más cómodamente, en la pantalla de la tele, prefiere emprender la peregrinación hacia este lugar donde puede ver en carne y hueso a sus ángeles, batiéndose a duelo contra los demonios de turno.

Aquí, el hincha agita el pañuelo, traga saliva, glup, traga veneno, se come la gorra, susurra plegarias y maldiciones y de pronto se rompe la garganta en una ovación y salta como pulga abrazando al desconocido que grita el gol a su lado. Mientras dura la misa pagana, el hincha es muchos. Con miles de devotos comparte la certeza de que somos los mejores, todos los árbitros están vendidos, todos los rivales son tramposos.

Rara vez el hincha dice: "hoy juega mi club". Más bien dice: "Hoy jugamos nosotros". Bien sabe este jugador número doce que es él quien sopla los vientos de fervor que empujan la pelota cuando ella se duerme, como bien saben los otros once jugadores que jugar sin hinchada es como bailar sin música.
Cuando el partido concluye, el hincha, que no se ha movido de la tribuna, celebra su victoria; qué goleada les hicimos, qué paliza les dimos, o llora su derrota; otra vez nos estafaron, juez ladrón.

Y entonces el sol se va y el hincha se va. Caen las sombras sobre el estadio que se vacía. En las gradas de cemento arden, aquí y allá, algunas hogueras de fuego fugaz, mientras se van apagando las luces y las voces. El estadio se queda solo y también el hincha regresa a su soledad, yo que ha sido nosotros: el hincha se aleja, se dispersa, se pierde, y el domingo es melancólico como un miércoles de cenizas después de la muerte del carnaval.

martes, 12 de diciembre de 2017

Literatura y fútbol/ 4 - Fragmento de la Comedia de los errores - William Shakespeare - Inglaterra


A finales de la Edad Media y siglos posteriores se desarrollaron en las islas británicas y zonas aledañas distintos juegos de equipo, a los cuales se los conocía como códigos de fútbol. Estos códigos se fueron unificando con el paso del tiempo, pero fue en la segunda mitad del siglo XVII cuando se dieron las primeras grandes unificaciones del fútbol, las cuales dieron origen al fútbol de rugby, al fútbol americano, al fútbol australiano, etc., y al deporte que hoy se conoce en gran parte del mundo como fútbol a secas.

En otras zonas del mundo también se practicaban juegos en los que una pelota era impulsada con los pies. Entre ellas pueden mencionarse las Reducciones Jesuíticas de la zona guaraní, más específicamente en la de San Ignacio Miní en el siglo XVII, en la región que ahora se conoce como Misiones. El jesuita español José Manuel Peramás escribió en su libro 'De vita et moribus tredecim virorum paraguaycorum': 'Solían también jugar con un balón, que, aún siendo de goma llena, era tan ligero y rápido que, cada vez que lo golpeaban, seguía rebotando algún tiempo, sin pararse, impulsado por su propio peso. No lanzaban la pelota con la mano, como nosotros, sino con la parte superior del pie desnudo, pasándola y recibiéndola con gran agilidad y precisión.' [...] (Wikipedia)

En la Comedia de los errores de Shakespeare, Drumio dice:

Ruedo para vos de tal manera…
¿Me habéis tomado por un balón de fútbol?
Me pateáis hacia allá,
y él me patea hacia aquí.
Si he de aguantar a vuestro servicio,
deberiais forrarme de cuero.

domingo, 10 de diciembre de 2017

Norma y paraíso de los negros - Federico García Lorca - España


II
Los negros
Para Ángel del Río

Norma y paraíso de los negros

Odian la sombra del pájaro
sobre el pleamar de la blanca mejilla
y el conflicto de luz y viento
en el salón de la nieve fría.

Odian la flecha sin cuerpo,
el pañuelo exacto de la despedida,
la aguja que mantiene presión y rosa
en el gramíneo rubor de la sonrisa.

Aman el azul desierto,
las vacilantes expresiones bovinas,
la mentirosa luna de los polos,
la danza curva del agua en la orilla.

Con la ciencia del tronco y el rastro
llenan de nervios luminosos la arcilla
y patinan lúbricos por aguas y arenas
gustando la amarga frescura de su milenaria saliva.

Es por el azul crujiente,
azul sin un gusano ni una huella dormida,
donde los huevos de avestruz quedan eternos
y deambulan intactas las lluvias bailarinas.

Es por el azul sin historia,
azul de una noche sin temor de día,
azul donde el desnudo del viento va quebrando
los camellos sonánbulos de las nubes vacías.

Es allí donde sueñan los torsos bajo la gula de la hierba.
Allí los corales empapan la desesperación de la tinta,
los durmientes borran sus perfiles bajo la madeja de los caracoles
y queda el hueso de la danza sobre las últimas cenizas.
De Poeta en Nueva York 
II - Los negros, 1929-1930
Norma y paraíso de los negros - Enrique Morente y Lagartija Nick

viernes, 8 de diciembre de 2017

Microrrelatos/ 25 - Ecosistema - José María Merino - España


   El día de mi cumpleaños, mi sobrina me regaló un bonsái y un libro de instrucciones para cuidarlo. Coloqué el bonsái en la galería, con los demás tiestos, y conseguí que floreciese. En otoño aparecieron entre la tierra unos diminutos insectos blancos, pero no parecían perjudicar al bonsái. En primavera, una mañana, a la hora de regar, me pareció vislumbrar algo que revoloteaba entre las hojitas. Con paciencia y una lupa, acabé descubriendo que se trataba de un pájaro minúsculo. En poco tiempo el bonsái se llenó de pájaros, que se alimentaban de los insectos. A finales de verano, escondida entre las raíces del bonsái, encontré una mujercita desnuda. Espián­dola con sigilo, supe que comía los huevos de los nidos. Ahora ­vivo con ella, y hemos ideado el modo de cazar a los pájaros­. Al parecer, nadie en casa sabe dónde estoy. Mi sobrina, muy triste por mi ausencia, cuida mis plantas como un homenaje ­al desaparecido. En uno de los otros tiestos, a lo lejos, me ha parecido ver la figura de un mamut.

miércoles, 6 de diciembre de 2017

Me tiraste un limón, y tan amargo - Miguel Hernández - España


Me tiraste un limón, y tan amargo,
con una mano cálida, y tan pura,
que no menoscabó su arquitectura
y probé su amargura, sin embargo.

Con el golpe amarillo, de un letargo
dulce pasó a una ansiosa calentura
mi sangre, que sintió la mordedura
de una punta de seno duro y largo.

Pero al mirarte y verte la sonrisa
que te produjo el limonado hecho,
a mi voraz malicia tan ajena,

se me durmió la sangre en la camisa,
y se volvió el poroso y áureo pecho
una picuda y deslumbrante pena.
De El silbo vulnerado, 1934

    En este soneto, parece ser que relata un hecho real, de un día que Josefina le tiró un limón a Miguel en la cabeza porque él, estando en el huerto, le robó un beso al descuido y ella, ofendida, le tiró un limón y le produjo una herida sangrante, y además a ella parece ser que le hizo gracia el limonado hecho y encima se ríe. Este despecho o desprecio fue causa de un deseo frustrado que llevó al poeta en otros sonetos a recordar sus "delincuentes" besos, el deseo de ser besado por la amada, que tenía una "mentalidad pueblerina". FRANCISCO ESTEVE

lunes, 4 de diciembre de 2017

Fábulas/ 23 - Un cruce - Franz Kafka - Checoslovaquia


    Tengo un animal peculiar, mitad gatito, mitad cordero. Es herencia de mi padre, pero se ha desarrollado en los últimos tiempos, antes era más cordero que gatito, ahora, sin embargo, posee la misma proporción de ambos. De gato, cabeza y garras; de cordero, tamaño y forma corporal; de ambos tiene los ojos, que son llameantes y dulces; el pelaje es suave y apretado; puede andar a saltos y despacio, sin ruido; cuando brilla el sol se hace un ovillo en el alféizar de la ventana y ronronea; corre como un loco en la pradera y apenas se le puede atrapar; huye de los gatos, a los corderos los quiere atacar; en las noches de luna llena su camino favorito es el canalón, no puede maullar y siente repugnancia por las ratas; puede quedarse acechando ante el gallinero durante horas, pero aún no ha aprovechado una oportunidad para matar; yo lo alimento con leche dulce, es lo que le va mejor; la toma a través de sus dos colmillos dando largos sorbos. Por supuesto, es todo un espectáculo para los niños. El domingo por la mañana hay horas de visita, yo tengo al animalito en el regazo y niños de todo el vecindario se ponen a mi alrededor. Entonces plantean preguntas tan extrañas que ningún hombre las puede responder. Yo tampoco me esfuerzo en hacerlo, me limito, sin más explicaciones, a mostrar lo que tengo. A veces, los niños traen gatos, una vez, incluso, dos corderos; pero para su decepción no se produjo ningún signo de reconocimiento, los animales se miraron tranquilamente con sus ojos de seres irracionales y, por lo visto, tomaron su existencia mutua como un hecho divino.

sábado, 2 de diciembre de 2017

Literatura y fútbol/ 3 - Oda a Platko - Rafael Alberti // Contraoda de poeta de la Real Sociedad - Gabriel Celaya - España


1928: Los Campos de Sport del Sardinero de Santander son escenario de la final de Copa de fútbol entre el F.C. Barcelona y la Real Sociedad de San Sebastián. Tres partidos van a ser necesarios para saber quién se proclama campeón (no existía entonces el lanzamiento final de penalties).
En el primero de esos partidos, jugado el día 20 de mayo, el portero del Barcelona, el húngaro Platko, se convirtió en héroe por su comportamiento. Así lo narraba Sport Cantabria: Cuando la Real estaba achuchando la portería catalana, su delantero centro Cholin, en una posicion envidiable, avanzó hasta la portería. Cuando el gol parecía inevitable, el guardameta Platko realizó una gran estirada y se arrojó sobre el pie del jugador donostiarra conteniendo así el tiro, pero a cambio de recibir en la cabeza el golpe destinado al balón. La patada fue brutal, Platko quedó conmocionado y tuvieron que retirarle del campo para aplicarle 6 puntos de sutura en la herida ensangrentada. El guardameta volvió al terreno de juego con un aparatoso vendaje que acabaría perdiendo en el transcurso del partido. No jugaría la final dos días después.
El poeta Rafael Alberti, uno de los espectadores presentes en el campo, impresionado, dedicó a Platko la siguiente oda, aparecida en la primera página del periódico La Voz de Cantabria del día 27 de mayo de 1928:

Oda a Platko

Nadie se olvida, Platko,
no, nadie, nadie, nadie,
oso rubio de Hungría.
Ni el mar,
que frente a ti saltaba sin poder defenderte.
Ni la lluvia. Ni el viento, que era el que más rugía.
Ni el mar, ni el viento, Platko,
rubio Platko de sangre,
guardameta en el polvo,
pararrayos.
No nadie, nadie, nadie.
Camisetas azules y blancas, sobre el aire.
Camisetas reales,
contrarias, contra ti, volando y arrastrándote.
Platko, Platko lejano,
rubio Platko tronchado,
tigre ardiente en la yerba de otro país.
¡Tú, llave, Platko, tu llave rota,
llave áurea caída ante el pórtico áureo!
No nadie, nadie, nadie,
nadie se olvida, Platko.
Volvió su espalda al cielo.
Camisetas azules y granas flamearon,
apagadas sin viento.
El mar, vueltos los ojos,
se tumbó y nada dijo.
Sangrando en los ojales,
sangrando por ti, Platko,
por ti, sangre de Hungría,
sin tu sangre, tu impulso, tu parada, tu salto
temieron las insignias.
No nadie, Platko, nadie,
nadie se olvida.
Fue la vuelta del mar.
Fueron diez rápidas banderas
incendiadas sin freno.
Fue la vuelta del viento.
La vuelta al corazón de la esperanza.
Fue tu vuelta.
Azul heróico y grana,
mando el aire en las venas.
Alas, alas celestes y blancas,
rotas alas, combatidas, sin plumas,
escalaron la yerba.
Y el aire tuvo piernas,
tronco, brazos, cabeza.
¡Y todo por ti, Platko,
rubio Platko de Hungría!
Y en tu honor, por tu vuelta,
porque volviste el pulso perdido a la pelea,
en el arco contrario al viento abrió una brecha.
Nadie, nadie se olvida.
El cielo, el mar, la lluvia lo recuerdan.
Las insignias.
Las doradas insignias, flores de los ojales,
cerradas, por ti abiertas.
No nadie, nadie, nadie,
nadie se olvida, Platko.
Ni el final: tu salida,
oso rubio de sangre,
desmayada bandera en hombros por el campo.
¡Oh, Platko, Platko, Platko
tú, tan lejos de Hungría !
¿Qué mar hubiera sido capaz de no llorarte?
Nadie, nadie se olvida,
no, nadie, nadie, nadie.

Entre los espectadores se encontraban también Carlos Gardel y Gabriel Celaya, que escribió en respuesta a Rafael Alberti, casi cincuenta años después, esta

Contraoda de poeta de la Real Sociedad

Y recuerdo también nuestra triple derrota
en aquellos partidos frente al Barcelona
que si nos ganó, no fue gracias a Platko
sino por diez penaltis claros que nos robaron.
Camisolas azules y blancas volaban
al aire, felices, como pájaros libres,
asaltaban la meta defendida con furia
y nada pudo entonces toda la inteligencia
y el despliegue de los donostiarras
que luchaban entonces contra la rabia ciega
y el barro, y las patadas, y un árbitro comprado.
Todos lo recordamos y quizás más que tú,
mi querido Alberti, lo recuerdo yo,
porque yo estaba allí, porque vi lo que vi,
lo que tú has olvidado, pero nosotros siempre
recordamos: ganamos. En buena ley, ganamos
y hay algo que no cambian los falsos resultados.

La defensa de los colores txuri-urdin (blanquiazul) de Gabriel Celaya fue correspondida por el equipo vasco cuando, tras la muerte del poeta en 1991, los jugadores de la Real lucieron en su honor unos brazaletes negros ante el Athletic de Bilbao.
Imágenes de la Final que consagró al F. C. Barcelona como Campeón de España. 
Documental narrado en catalán en el que Rafael Alberti lee un fragmento de su Oda a Platko

jueves, 30 de noviembre de 2017

Literatura y jazz/ 76 - Cannonball Adderley conquista el Polo Sur - Guillermo Carnero - España


Ciudad sin eco,
sólo dos labios mudos ulceran tu blancura
en los altos cristales donde no late el viento
ni rasga el rayo el aire
ni presagian aristas la tormenta,
ni sabe el horizonte en qué cono de nácar
pliega sus alas muertas la negrura.
Ciudad sin nombre, vaca
el polvo estéril sobre el espejo impar de tu planicie,
diamante a la deriva que no pesa ni ultraja
la perpestiva incólume,
premonición tenaz de tu silencio.

Y
la llama no se agita,
es sólo un hilo de color que hiende
la planicie de hielo.
Lejos de aquí la sangre, los sonidos,
lejos la risa hueca del cráneo coronado, la máscara de amor del                                                                    [maniquí de mimbre,
la lengua del ventrílocuo sangrienta navagando las aguas del                                                                                       [espejo,
lejos de aquí la araña con su hilo,
el runrún acerado de los bellos juguetes.
Ciudad sin eco,
sólo dos labios fríos laceran sin temblar
su carne sin color sobre las altas nieves,
destilan en silencio la sangre transparente
que inmacula, lentísima
la vacuidad del tiempo detenido.
Ciudad sin eco,
nada sustenta o rige
la exacta profusión de tus esferas
ni hay arena que cruja
en la pureza muda de tu espacio.
Sólo dos labios mudos
rutilan en la altura como estrellas extintas,
erigen
en el duro fulgor del plenilunio
la inerte floración de tus pestañas.
Jazz Casual - The Julian Cannonball Adderley Quintet 
Cannonball Adderley - Saxo alto
Nat Adderley - Trompeta 
Joe Zawinul - Piano 
Sam Jones - Bajo 
Louis Hayes - Batería

martes, 28 de noviembre de 2017

Poema - Antonio Gamoneda - España


Es la hora de un crepúsculo en día no señalado. La visión de las techumbres enrojecidas es inseparable del color tardío de la ciudad soñada. Mi vida se resuelve en la vida de la ciudad. Una herencia deslumbrada se entreteje con mis recuerdos; hay un poder comunal cuyos límites son bordes y fisuras de mis propios límites.

Crece la ciudad sobre los pastos invernales. Hacia los terraplenes del Torío, crece sobre las huellas del pastor. Los agrimensores alzan monedas cuyas leyendas fueron borradas por el óxido, tégulas abandonadas por las legiones de Galba, campanillas azules como las  venas  bajo  una  piel  amada.

Desde las carbonerías, la pobreza asciende a los edificios aptos para la proclamación del suicidio y los arroyos retroceden como las víboras ante el incendio. Es la pasión de las inmobiliarias. Como un monte, la melancolía crece en los pastos invernales.
De Lapidario incompleto

domingo, 26 de noviembre de 2017

Oda a Venecia ante el mar de los teatros - Pere Gimferrer - España


El poeta, traductor y crítico literario Pere Gimferrer, escritor tanto en castellano como en catalán,  integrante de los Nueve novísimos de la famosa antología poética de José Máría Castellet de 1970, acaba de sumar a sus numerosos premios el Premio Internacional de Poesía Federico García Lorca Ciudad de Granada, en su decimocuarta edición. Enhorabuena.

Las copas falsas, el veneno y la calavera de los teatros.
García Lorca
Tiene el mar su mecánica como el amor sus símbolos.
Con que trajín se alza una cortina roja
o en esta embocadura de escenario vacío
suena un rumor de estatuas, hojas de lirio, alfanjes,
palomas que descienden y suavemente pósanse.
Componer con chalinas un ajedrez verdoso.
El moho en mi mejilla recuerda el tiempo ido
y una gota de plomo hierve en mi corazón.
Llevé la mano al pecho, y el reloj corrobora
la razón de las nubes y su velamen yerto.
Asciende una marea, rosas equilibristas
sobre el arco voltaico de la noche en Venecia
aquel año de mi adolescencia perdida,
mármol en la Dogana como observaba Pound
y la masa de un féretro en los densos canales.
Id más allá, muy lejos aún, hondo en la noche,
sobre el tapiz del Dux, sombras entretejidas,
príncipes o nereidas que el tiempo destruyó.
Que pureza un desnudo o adolescente muerto
en las inmensas salas del recuerdo en penumbra
¿Estuve aquí? ¿Habré de creer que éste he sido
y éste fue el sufrimiento que punzaba mi piel?
Qué frágil era entonces, y por qué. ¿Es más verdad,
copos que os diferís en el parque nevado,
el que hoy así acoge vuestro amor en el rostro
o aquel que allá en Venecia de belleza murió?
Las piedras vivas hablan de un recuerdo presente.
Como la vena insiste sus conductos de sangre,
va, viene y se remonta nuevamente al planeta
y así la vida expande en batán silencioso,
el pasado se afirma en mí a esta hora incierta.
Tanto he escrito, y entonces tanto escribí. No sé
si valía la pena o la vale. Tú, por quien
es más cierta mi vida, y vosotros que oís
en mi verso otra esfera, sabréis su signo o arte.
Dilo, pues, o decidlo, y dulcemente acaso
mintáis a mi tristeza. Noche, noche en Venecia
va para cinco años, ¿cómo tan lejos? Soy
el que fui entonces, sé tensarme y ser herido
por la pura belleza como entonces, violín
que parte en dos aires de una noche de estío
cuando el mundo no puede soportar su ansiedad
de ser bello. Lloraba yo acodado al balcón
como en un mal poema romántico, y el aire
promovía disturbios de humo azul y alcanfor.
Bogaba en las alcobas, bajo el granito húmedo,
un arcángel o sauce o cisne o corcel de llama
que las potencias últimas enviaban a mi sueño.
                                                      Lloré, lloré, lloré
¿Y cómo pudo ser tan hermoso y tan triste?
Agua y frío rubí, transparencia diabólica
grababan en mi carne un tatuaje de luz.
Helada noche, ardiente noche, noche mía
como si hoy la viviera! Es doloroso y dulce
haber dejado atrás a la Venecia en que todos
para nuestro castigo fuimos adolescentes
y perseguirnos hoy por las salas vacías
en ronda de jinetes que disuelve un espejo
negando, con su doble, la realidad de este poema.

viernes, 24 de noviembre de 2017

Inventario de lugares propicios al amor - Ángel Gonzalez - España


    Son pocos.  
La primavera está muy prestigiada, pero
es mejor el verano.
Y también esas grietas que el otoño
forma al interceder con los domingos
en algunas ciudades
ya de por sí amarillas como plátanos.
El invierno elimina muchos sitios:
quicios de puertas orientadas al norte,
orillas de los ríos,
bancos públicos.
Los contrafuertes exteriores
de las viejas iglesias
dejan a veces huecos
utilizables aunque caiga nieve.
Pero desengañémonos: las bajas
temperaturas y los vientos húmedos
lo dificultan todo.
Las ordenanzas, además, proscriben
la caricia (con exenciones
para determinadas zonas epidérmicas
-sin interés alguno-
en niños, perros y otros animales)
y el "no tocar, peligro de ignominia"
puede leerse en miles de miradas.
¿A dónde huir, entonces?
Por todas partes ojos bizcos,
córneas torturadas,
implacables pupilas,
retinas reticentes,
vigilan, desconfían, amenazan.
Queda quizá el recurso de andar solo,
de vaciar el alma de ternura
y llenarla de hastío e indiferencia,
en este tiempo hostil, propicio al odio.

miércoles, 22 de noviembre de 2017

Novela de aventuras/ 5 - Literatura fantástica/ 7 - Literatura satírica y burlesca/ 48 - Fragmento de Viajes de Gulliver - Jonathan Swift - Irlanda


Primera Parte
Un viaje a Liliput

CAPÍTULO 6

    Aunque es mi intención dedicar todo un tratado a la descripción de este Imperio, quisiera sin embargo, entretanto, brindar al curioso lector algunas ideas generales. La estatura media de sus naturales es algo menos de seis pulgadas1 y el tamaño de los animales, árboles y plantas guarda exacta proporción con ella: por ejemplo, los caballos y bueyes más altos miden entre cuatro y cinco pulgadas de alzada; las ovejas, aproximadamente pulgada y media; los gansos son del tamaño de un gorrión, y así gradualmete hacia abajo hasta llegar a los más diminutos, casi invisibles a mi vista. Pero la naturaleza había adaptado la visión de los liliputienses para alcanzar con los ojos todos los objetos de su alrededor; así pues, son capaces de ver con gran claridad, pero no muy lejos. Y para demostrar la penetración de su vista para los objetos cercanos, debo decir que he tenido ocasión de contemplar cómo un cocinero descuartizaba una alondra más pequeña que la mosca común, y cómo una muchacha enhebraba una aguja invisible con seda invisible. Los árboles más altos tienen unos siete pies2; me refiero con esto a los del gran Parque Real, cuyas copas yo podía alcanzar con el puño. Las demás plantas son por el estilo pero dejo al arbitrio del lector el imaginarlas.

    Por el momento poco he de decir de su civilización, que ha florecido en todas las ramas a lo largo de muchos siglos: la escritura es muy particular; no escriben de izquierda a derecha como los europeos, ni de derecha a izquierda como los árabes, ni de arriba abajo como los chinos, ni de abajo arriba, como los cascagios3, sino oblicuamente, de una esquina de la hoja a la opuesta, como las damas inglesas.

   A los muertos los entierran cabeza abajo, pues tienen la creencia de que pasadas once mil lunas han de resucitar y, para entonces, la Tierra, que ellos tienen por plana, se volverá del revés y así ellos, al resucitar, se encontrarán ya dispuestos y en pie. Los sabios del país reconocen lo absurdo de tal creencia, pero la práctica continúa cumpliendo la voluntad del vulgo.

    Algunas de las leyes y costumbres de este Imperio son muy peregrinas y si no fueran tan patentemente contrarias a las de mi querida patria me sentiría tentado a decir algo en su defensa. Sería sólo de desear que se cumplieran también. La primera que voy a mencionar se refiere a los delatores. Todo delito contra el Estado se castiga aquí con la máxima severidad, pero si la persona acusada puede probar claramente su inocencia en el juicio, el acusador sufre inmediatamente una muerte ignominiosa, y a costa de su fortuna y tierras se compensa al inocente por la pérdida de tiempo, el peligro sufrido, las penalidades de la cárcel y los gastos incurridos en propia defensa. Si dichos bienes no bastaran, la Corona se encarga de suplirlos con largueza. El Emperador, además, le otorga alguna muestra pública de su favor y se proclama la inocencia del reo por toda la ciudad.

    Consideran el fraude como delito más grande que el robo y quien lo comete rara vez se libra de la pena de muerte, pues arguyen que el cuidado y la cuatela, unidos al sentido común, bien pueden librar del ladrón los bienes de una persona, pero que la honradez no tiene defensa contra una astucia superior y, puesto que tiene que existir un movimiento constante de compras y ventas, así como de tratos basados en el crédito, allí donde se permite o se consiente el fraude -o no existe ley para castigarlo- el comerciante honrado lleva siempre las de perder y todas las ventajas son para el bribón. Recuerdo cómo una vez, cuando yo intercedía ante el Rey a favor de un delincuente que había malversado una gran suma confiada a él por su señor, huyendo con ella, le dije a Su Majestad, a manera de disculpa, que sólo se trataba de un mero abuso de confianza; pero al Emperador le pareció monstruoso que yo ofreciera como atenuante lo que era la mayor agravente del delito. Y la verdad es que poco me quedó por replicar aparte de la consabida respuesta de que cada nación tiene sus costumbres, pues, a decir verdad, me sentía profundamente avergonzado. [...]
Traducción de Emilio Lorenzo
1 Una pulgada: aproximadamente dos centímetros y medio. (N. de J. N.) 
2 Un pie: aproximadamente treinta centímetros y medio. (N. de J. N.) 
3 L. A. Landa sospecha que el término es invención de Swift. (N. del T.)

lunes, 20 de noviembre de 2017

Biblioteca particular - José Manuel Caballero Bonald - España


Comparecen los libros en lugares
anómalos, se juntan
con indolente asimetría:
un tropel
de vestigios locuaces,
pendencieros, irresolutos, lerdos.

He pugnado con ellos
durante muchos años: los he visto nacer,
durar, languidecer. Han resistido
intemperies, saqueos, turbamultas.

Algunos llevan dentro
la ponderada prueba de mi envidia,
los más el distintivo
incorregible de la decepción.

Mi error fue abrir un día un libro.

sábado, 18 de noviembre de 2017

Literatura y fútbol/ 2 - El Pibe Cabriola - Sergio Ramírez, Premio Cervantes 2017 - Nicaragua


Para Alberto Fuguet, para Edmundo Paz Soldán

         Hello, darkness, my old friend,
I’ve come to talk with you again…
Simon and Garfunkel, The sound of silence

Ese juego de eliminatoria del Mundial iba empatado a un gol por bando ya para acabarse el segundo tiempo y la pelea seguía cerrada. La presión del onceno paraguayo se concentraba de acá de este lado, sobre el arco nacional, porque necesitaban su gol o perecían para siempre, mientras nosotros jugábamos a que no hubiera más goles porque era suficiente dejar así las cosas, con empatar nos asegurábamos el boleto para Francia, y ellos, adiós y olvido.

Sólo por un si acaso íbamos a buscar la entrada en la cancha paraguaya en los pies del Pibe Cabriola, que tenía instrucciones estrictas de nuestro entrenador, el doctor Tabaré Pereda, de  aguardar fuera del teatro de la pelea por un pase de fortuna. Entonces, si le llegaba la esférica, debía correr con ella por delante, solitario en la llanura, y perforar el arco enemigo, un segundo tanto de adorno que sería suyo como mío había sido el primero, porque yo había metido el único gol nuestro de la jornada, un tiro corto pero certero por encima de la cabeza de los defensas para ir a ensartarse en la pura esquina, un gol de aquellos que ponían de pie a la gente en las tribunas como si les calentaran de pronto con brasas vivas el culo.

Así, pues, seguía el juego, los paraguayos sin defensas, convertidos todos en delanteros, acosándonos, y todos los artilleros nuestros convertidos en defensas cerrando el cerco, una fortaleza de pies, y piernas, y torsos, y cabezas, salvo el Pibe Cabriola aguantando fuera del perímetro de los acontecimientos, según había decidido, ya les dije, el doctor Tabaré Pereda, el entrenador contratado en Uruguay. Lo decidió en el descanso del medio tiempo, y nos repitió sus instrucciones tantas veces como si hiciera cuenta de que éramos sordos, o caídos del catre, para que se nos grabara bien, nos advirtió, no quería malentendidos que condujeran a errores fatales porque íbamos a jugarnos el destino, la vida, y el honor.  Doctor le decían los aficionados, no porque fuera médico sino por sus sabias estrategias.

Se quedaban con su único gol y nosotros con el nuestro, y ya estaba, el puntaje acumulado en la ronda eliminatoria nos favorecía. De eso estaba más que claro el entrenador de la selección paraguaya, un yugoslavo pedante llamado Bosko Boros, que no en balde se salía a cada rato hasta la raya, vestido como para el día de su boda, de traje blanco y corbata plateada, una flor en el ojal, anteojos de sol azules, los zapatos pulidos igual que la calva, para animar a gritos a su tropa con ansias de meterla en tropel dentro de nuestra portería, pero allí estaba alerta el Inti Suárez Ledesma para rechazar a corazón partido los tiros que lograran colarse a través de la muralla.

Pedantísimo el yugoslavo y peor que caía en las tribunas porque nosotros pateábamos en cancha propia, el gran estadio Mariscal Bartolomé Uchugaray de la ciudad capital lleno hasta el copete, y cada vez que se  le ocurría salir al campo en uno de sus impulsos desesperados, la silbatina le reventaba los oídos. Era por nosotros, los de casa, por supuesto, que aullaban de entusiasmo las manadas de hinchas, para nada abatidos por el desvelo tras hacer colas desde la medianoche, desplegaban sus banderas dando saltos como endemoniados, las caras pintarrajeadas con los colores patrios, y de ese entusiasmo recogíamos nosotros las energías cuando parecían faltarnos, sudando la pura sal porque agua en el cuerpo no nos quedaba, si chapoteábamos charcos de sudor en la grama.

Y faltando a lo más un minuto, cuando al fin parecía que el tiempo dejaba de ser eterno para dar paso al silbatazo final, el Inti Suárez Ledesma desvió un disparo mortal con los puños y la pelota rebotó por encima del palo. Corrieron los paraguayos a ponerla en la esquina porque a ellos el tiempo se les iba como la vida, patearon el corner y por mucho que salté no pude yo ensartar el cabezazo para mandarla lejos. Y entonces vi que aterrizaba a los pies del Pibe Cabriola.

El Pibe Cabriola nada tenía que estar haciendo allí, en la defensa, pero esa fue una sorpresa que no me tardó en la mente, estaba, ni modo, y ahora sólo tenía él que despejar la bola para enviarla a saque de banda y moría ya todo, adiós mis flores muertas, en lo que la traían de nuevo a la raya el árbitro pitaba, pero el Pibe Cabriola se giró mal, o fue que se resbaló, y entonces dio un taconazo, y con el taconazo la bola salió impulsada con golpe de efecto en sentido contrario, describió un arco hacia adentro muy cerca del palo derecho y atraída por una fuerza magnética rebotó mansa dentro de la red y se quedó solitaria, dócil, todo en cámara lenta según lo veían mis ojos, y ya no había ningún remedio, como en un sueño lerdo vi a uno de los paraguayos que iba a sacarla de la red, se arrodillaba a besarla como si fuera alguna cabecita rubia, se la quitaba otro y salía corriendo por el centro del campo, la bola alzada sobre su cabeza como si repartiera bendiciones con ella, y ahora todo el equipo iba detrás del premio mayor, una lotería, lo alcanzaron, lo derribaron, y le fueron cayendo encima como si se acomodaran dentro de una lata de sardinas, toda una locura sólo entre ellos porque las tribunas se habían quedado silenciosas, un silencio de cementerio abandonado del que se han llevado hasta las cruces.

El Pibe Cabriola le decían por dos razones: Pibe porque en temporadas regulares jugaba para el Boca de Buenos Aires, y Cabriola porque su especialidad eran las chilenas, cabriolas que dibujaba en el aire, de espaldas a la cancha, para acertar en el arco con tiros infalibles, una verdadera catapulta humana.

Todavía no se daba cuenta de lo que había ocurrido, y se acercó a mí, arañando el césped con paso rápido, sucio de tierra desde las cejas, la camiseta embebida, en busca de que yo le diera la respuesta; y cuando la encontró en mis ojos, en lo suyos lo que vi fue el terror, un terror ya sin nombre cuando todos los demás pasaron a su lado sin alzar a mirarlo, como si se hubiera convertido de pronto en un fantasma incómodo, y peor aún cuando el doctor Tabaré Pereda, que tenía un carácter como la miel, lo rehuyó en el túnel de los vestidores, pero no por desprecio, estoy seguro, sino por la mucha pena que sentía por él, pena por uno de sus dos artilleros estrellas de la selección nacional. El otro, era yo.

Un error lo comete cualquiera, podía uno decirse, o decírselo al propio Pibe Cabriola en aquel momento en que necesitaba una palabra de consuelo. Pero era un error frente a la nación entera, frente al Presidente de la República y todo su gabinete de gobierno en el palco presidencial, frente a las tribunas repletas. Y allí en las tribunas el estupor no se había roto. La gente se negaba a irse y no cesaba su murmullo, como la lluvia que suena lejos en un cielo negro pero todavía no se ve caer. Sólo el Presidente de la República abandonó el palco en medio del revuelo de ministros y edecanes, abochornado seguramente, si al comienzo del juego se había quitado el terno para meterse la camiseta de la selección. Y aún duraba el estupor cuando ya al anochecer salimos de los vestidores en fila india para abordar el pullman que nos llevaría al Hotel NH Savoy donde estábamos reconcentrados. Detrás de las barreras de la policía antimotines se divisaba a la gente con sus camisetas, sus banderas, todavía incrédula. Los policías tampoco dejaban acercarse a los periodistas, que lanzaban las preguntas a gritos bajo el brillo lejano de los focos de las cámaras de televisión.

El Doctor Tabaré Pereda se adelantó muy valientemente hacia los focos, y pidió calma porque todas las preguntas se las hacían al mismo tiempo. Pero no pudo articular palabra. Se cubrió el rostro con las manos, inclinó la cabeza, y lloró en silencio. Esa foto le dio vuelta al país, y quizás al mundo. La vergüenza deportiva de un extranjero noble que lloraba por nuestra selección nacional eliminada gracias al gol de una de sus propias luminarias.

Lo peor de todo fue la pregunta de Ruy "El Dandy" Balmaceda, el rey de las transmisiones deportivas en Televictoria Canal 7. "¿Y el traidor, qué se hizo?", preguntó, blandiendo el micrófono como si fuera una pistola cargada. Para la afición nacional, "El Dandy" Balmaceda es la autoridad suprema, y su palabra, ley. Narra los juegos como si fuera un diputado arengando a las galerías en el Soberano Congreso Nacional, y viste siempre de terno de alpaca y camisas de cuello almidonado, con corbatas Armani que nunca repite, que si no fuera por los gruesos auriculares forrados en cuero, nadie lo creería un comentarista deportivo sino magnate de la banca nacional.

No hubo quien respondiera a esa pregunta porque el doctor Tabaré Pereda ya lloraba, y nosotros aguardábamos de lejos, pegados al costado del pullman como frente a un pelotón de fusilamiento. Fue una foto que también salió en los diarios, y en las revistas; y fue la revista Media Cancha la que la puso en su portada con un titular grosero: ACOJONADOS. Y quien mejor podía responder, el propio Pibe Cabriola, ya no estaba; había sido sacado por el portón de las tribunas escondido en una ambulancia, según el consejo del inspector Santiesteban Valdés, el encargado de la seguridad del seleccionado: "no quiero ninguna otra desgracia, mi’jo, la gente está serena, pero se puede poner exaltada", le dijo. "Así que te irás en la ambulancia, y dormirás en el cuartel, con mis muchachos, allí te llevarán tu cena del hotel. Te pueden leer el menú por teléfono".

Fue una medida de gran prudencia, porque los primeros exaltados empezaban a ser los mismos jugadores de la selección; entre dientes lo acusaban de manera amarga, sobre todo el propio portero, el Inti Suárez Ledesma, que se sentía el más agraviado. Lo peor eran las sospechas entre nosotros mismos, que Ruy "El Dandy" Balmaceda se iba a encargar luego de difundir a todo el país. Traidor. ¿Qué estaba haciendo el Pibe Cabriola en el área de la defensa, si el Doctor Tabaré Pereda le tenía un papel claramente asignado? Así me lo repitió muchas veces por teléfono en los días siguientes el Inti Suárez Ledesma: sí, dímelo a mí, ¿qué estaba haciendo?

Al amanecer, el estupor dio paso a un crudo sentimiento de desgracia nacional. Las banderas ondeaban a media asta en los cuarteles, en los colegios, en las estaciones de bomberos; hubo mujeres de luto en las paradas de autobuses, cajeros de banco que aparecieron tras las rejas de las ventanillas con escarapelas negras en el brazo. Hubo emisoras de radio que pusieron al aire marchas fúnebres.

El Pibe Cabriola y yo nacimos en la ciudad de Turimani, al pie de la cordillera. Crecimos juntos en el mismo barrio del Santo Nombre, que llegaba hasta la calle Beato Prudencio Larraín, una calle con una alameda de acacias al centro y un malecón de cemento bordeando el río Lotoyo. Esa calle fue siempre de gente pudiente, con sus chalets de dos pisos y sus jardines frontales, y marcaba la frontera con Santo Nombre.

Pero cuando se instaló en Santo Nombre el mercado de abastos, el ruido de los motores de los camiones retrocediendo para descargar en las bodegas, los golpes de martillo en las vulcanizadoras, los pregones de los vendedores callejeros en el mediodía, las sinfonolas de las cantinas a todo volumen en las noches, las pendencias de borrachos,  y los mugidos de las reses que degollaban en el rastro al amanecer, fueron motivo para que los dueños de los chalets empezaran a abandonarlos.

A las pozas del Lotoyo íbamos a bañarnos, además, en pandilla, y así tenían otro motivo de ruido con las algarabías que formábamos; pero ahora el río se secó, y en sus trechos más desolados se ha convertido en un botadero de basura. Demolidos los viejos chalets, en los baldíos levantaron un hipermercado de la cadena Gigante,  y el centro multicompras Metropol; y los que sobreviven han sido transformados en tiendas, boites, heladerías y boutiques; pero de allí para adentro, con la cordillera al fondo, el barrio del Santo Nombre donde los dos pateamos las primeras pelotas, sigue igual.

Juntos fuimos contratados para el equipo de primera división de Turimani, imberbes todavía. Luego, cuando nos llegó la fama, él jugando en el Boca Junior de Buenos Aires y yo en el Colo Colo de Santiago, hubo en Turimani la escuela Pibe Cabriola, y la clínica Cabro Aldana, que ése es mi nombre de guerra, fotos de nosotros dos en las puertas de las chabolas más humildes, decorando los boliches, los salones de billar, los bares, y hasta los prostíbulos de todas las categorías. Nos querían por igual en Turimani, nos mimaban. Fuimos primero el orgullo local antes de llegar a ser el orgullo nacional, los dos volando sobre el césped verde y la cordillera nevada al fondo bajo un cielo azul brillante en el panorámico de Gatorade que se elevaba mucho más grande que los demás entre el enjambre de vallas publicitarias en todas las encrucijadas del país, el Pibe Cabriola la cabellera azabache al aire, la mía cogida en una cola por detrás, Gatorade de corazón con la selección.

Ahora faltaba saber qué había decidido el Pibe Cabriola. Si se vendría conmigo a Turimani, porque al quedar desarticulado el seleccionado nos sobraba tiempo que gastar con las familias; si regresaría a Buenos Aires, aunque todavía faltaba un mes para que empezaran los entrenamientos; o es que iría a esconderse en cualquier otra parte. Pero metido en el cuartel, como un prisionero, no se podía quedar, era locura. Mi consejo sano iba a ser que se decidiera por el viaje a Turimani, pero que se encerrara en casa de sus viejos por un buen tiempo hasta que la pifia empezara a ser olvidada.

Lo llamé por teléfono pero no me lo quisieron poner, y entonces cogí un taxi y fui a buscarlo. Lo tenían recluido en una covacha, y dos policías vestidos de paisano lo custodiaban desde fuera. Me recibió con alivio, como si hubiera sido un condenado a cadena perpetua y yo llevara en la mano su orden de libertad. Claro que sí, estaba muy de acuerdo en que nos fuéramos a pasar esas semanas a la querencia, de acuerdo en que se mantendría a buen recaudo, aunque no entendía el porqué de la precaución.

Aquel terror mortal se le había evaporado. Todo era puro ruido, puro aire, me dijo. Que pusieran en  un platillo de la balanza sus hazañas, sus cabezazos de oro, sus cabriolas, su marca de goles con el seleccionado; todo pesaría más que una sola cagada en el otro platillo, la única cagada de toda su carrera deportiva. Hablaba inspirado, como si tuviera enfrente el micrófono de la Cabalgata Futbolística, el programa estelar de la Radio Regimiento; toda la mañana se había quedado esperando la llamada para explicarse delante de los aficionados, sería que en la radio no conocían su paradero.

Lo que él no sabía, porque no había receptor de radio en esa covacha, es que los comentaristas de la Cabalgata Futbolística se habían pasado llamándolo a su gusto el traidor, en imitación de "El Dandy" Balmaceda. Y cuando llegaron  a los quioscos los periódicos paraguayos esa tarde, en nada iba a ayudar la portada del ABC Color de Asunción cubierta enteramente por un titular en letras rojas que decía ¡GRACIAS, PIBE!, y que los noticieros vespertinos de televisión enseñaron en primer plano.

El chofer que nos llevaba al aeropuerto, un cholo cuadrado de cara picada de acné, enfundado en una chaqueta de aviador de la segunda guerra mundial, lo miraba de reojo por el retrovisor, con una risita malévola que no se le apeó nunca; y cuando llegamos al aeropuerto me preguntó cuál era mi maleta, y la sacó del baúl; pero por la maleta de él no movió un dedo.

Lo más duro fue al llegar a Turimani. Imagínense lo que hubiera sido aquel aeropuerto de haber ganado nosotros la eliminatoria, carajo, y en cambio ir ahora al lado de un héroe de otros tiempos al que no había ni quien le cargara su valija, y detrás del vidrio de la sala de equipajes sólo las caras tristes de sus viejos queriendo fingirse alegres,  sus hermanas de anteojos oscuros como si llegaran a recibir un muerto, los sobrinos inocentes correteando por los pasillos, y de repente va la mamá y de su bolsa de hacer las compras saca una cartulina y la arrima contra el vidrio, en la cartulina la foto del Pibe Cabriola y arriba unas letras dibujadas por ella con lápices de colores, había que acercarse para poder leerlas, TURIMANI TE QUIERE. Turimani te quiere, mis cojones. Y mis propios viejos en el otro extremo, haciéndose los desentendidos, mi vieja sudando la vergüenza ajena.

Cuando ya habíamos recogido las maletas del carrusel y pasábamos por la puerta automática, sonó en el sistema de altoparlantes de la terminal la misma marcha fúnebre que estaban poniendo todo el día en las emisoras de radio, El dolor de la patria, que según los libros de historia había sido compuesta para los funerales del Mariscal Bartolomé Uchugaray. Y pendejo se quedó, como que no fuera con él, la mamá aplaudiéndolo para desafiar a los altoparlantes, y haciendo que las hijas y que sus nietos también lo aplaudieran.

Durante esos días en Turimani, al principio iba a visitarlo. Pero me llamó mi agente desde Santiago para recomendarme prudencia, no me convenía por mi cartel que me vieran más en esa casa, ya se había filtrado en La Tercera, cuidado nos fotografiaban juntos,  los dueños del Colo Colo andaban inquietos: y decidí, por mi bien, hacer caso. Me llamaba por teléfono, y yo nunca estaba.

Detrás de aquellas paredes tenía todas las comodidades, antena parabólica, piscina calefaccionada, y en el fondo de la propiedad una huerta frutal con el pico del Nevada de Natividades, el mismo que aparece en el óvalo de la etiqueta de la cerveza Hochmeier,  tan cercano a la vista como si estuviera dentro de la huerta. Les había construido aquella casa linda a sus padres, y hasta un taller de carpintería en el fondo de la huerta le mandó levantar al viejo para que se entretuviera haciendo y deshaciendo muebles con herramientas que nunca tuvo durante su vida de carpintero de ataúdes.

Me fingí enfermo con influenza asiática para justificar mis ausencias. Pero yo llamaba a sus hermanas, que le tenían una adoración rayana en el delirio, y ellas me informaban de su situación. Luce tranquilo, me decían. Parecía que el encierro no lo afectaba mucho,  salvo el aburrimiento, lógico; pateaba la pelota en la huerta con sus sobrinos, le daba una mano al viejo con la lijadora eléctrica,  y después de la cena se pasaba moviendo la parabólica con el comando manual para pescar toda clase de programas de televisión hasta la madrugada, tumbado en una poltrona de cuero que le había regalado la fábrica Tu Piel de los hermanos Covarrubias, admiradores nuestros; una poltrona para él, otra para mí.

Fueron sus hermanas quienes me dieron la mala noticia de que había empezado a beber, ellas creían que por lo mismo del aburrimiento. Bebía durante esas largas sesiones frente a la pantalla de televisión, después que todo el mundo se había ido a acostar; primero cervezas Hochmeier de lata, el reguero de latas vacías amanecía al pie de la poltrona; pero después pisco, y whisky Wild Turkey. Y ya era peor, porque escondía las botellas en su cuarto, y cuando las vaciaba las tiraba en secreto al tacho de la basura.

Pasó su cumpleaños, y por sus hermanas supe que tuvieron fiesta familiar, con pastel y velitas y todo. Cumplía veintidós, uno menos que yo; llegaron tíos y primos y algunos otros parientes que no podían decir que no, si había sido tan generoso con ellos, préstamos del rey para ampliar sus viviendas, para sacarlos de deudas, deudas hasta de juego, becas para que sus hijos salieran de la escuela pública y fueran al Colegio de los Hermanos Maristas los cabritos, y al colegio de las Oblatas del Sagrado Corazón las cabras.

Mi cumpleaños lindaba con el suyo. El mío decidí celebrarlo en el Gun and Roses, un night-club que acababan de inaugurar en la calle del Beato Prudencio Larraín, todo forrado de vinilo negro y artesonado de aluminio, la pista de baile de planchas de acrílico transparente y la iluminación láser. Al lado está el centro multicompras Metropol con los cines Multiplex, y las Pizzas Hut, y el McDonald, de modo que ese sector se llena de juvencios que desbordan el muro del viejo malecón y los bordillos de la vereda de las acacias, por lo que muchos se sientan a plena calle, y  así en multitud se quedan bebiendo cervezas y fumando porros hasta más allá de la medianoche, con  la música estéreo de los autos y de los camperos a todo volumen.

Y detrás, Santo Nombre. La misma oscuridad a medias, los mismos almacenes de tejas de calamina herrumbradas, las ferreterías, carpinterías y talleres automotrices, los restaurantes chinos calamitosos, las galerías interiores donde viven empleados públicos de baja laya, prostitutas, chulos, camioneros, policías rasos, cordeleros que trabajan en el mercado de abastos. Lo único desaparecido es el degolladero de las reses, que fue clausurado y desde entonces la carne la llevan congelada a los expendios, en cajas de cartón. De una de esas galerías que huelen a fritos y a letrinas, a ropa húmeda, es que el Pibe Cabriola y yo salimos un día al sol de la gloria.

Esa noche de mi cumpleaños invité personalmente a mi pandilla íntima, uno a uno, por teléfono, para que nadie indeseable se me colara, les di cita en la casa de mis viejos media hora antes, la casa que les mandé hacer en Colinas de Agramonte,  y ya todos juntos nos fuimos en caravana, yo a la cabeza al volante del Renegado descubierto donde acomodé a cinco más. Ya la Beato Prudencio Larraín estaba nutrida a esa hora y los juvencios se levantaban al reconocerme para darme paso, entre gritos de sorpresa se desbocaban a besarme en la boca las juvencias como forma de felicitarme, sabían de mi cumpleaños porque había salido en los diarios y me habían dado serenata en los programas deportivos.

Eran las diez cuando entramos al Gun and Roses, colmado de no poder dar nadie un paso. Y ya nos llevaba la camarera disfrazada de Madonna a la mesa reservada en uno de los mezanines, cuando lo descubrí en la barra, solitario en una banqueta, de espaldas a la pista de baile, la larga cabellera azabache suelta sobre los hombros. Era de notar, porque las bandadas que iban y venían le pasaban de lejos, como olas encabritadas que se congelaban en el aire por no tocarlo.

A pesar de todo era mi cumpleaños, y yo no estaba esa noche para prohibiciones. Les dije a los de la pandilla que siguieran a la Madonna y fueran a sentarse, y me le acerqué. Seguramente me descubrió reflejado en el espejo del bar porque se volteó hacia mí sonriente, con cara bobalicona, el vaso cargado de whisky rozándole los labios. Se bajó de la banqueta y me abrazó, enzarzándose en esos discursos a media lengua de los borrachos. Me reprochó que lo hubiera abandonado, aunque me daba al mismo tiempo la razón, no me convenía que me vieran con un apestado como él, y yo le protesté, estás loco, huevón, mientras él mantenía sus brazos en mi cuello. No se me olvida que sonaba una viejita de Simon y Garfunkel, The sound of silence.

Alcé la voz tratando de hacerme oír por encima de la música, y le pregunté hasta tres veces si es que andaba solo, al tiempo que buscaba alrededor para ver si descubría a algún acompañante; pero en mi exploración lo que encontré fueron rostros ajenos que lo vigilaban de lejos, a mansalva, con cautela agresiva, miradas que me apartaban a mí como si yo fuera un estorbo en aquel espacio vacío donde sólo podía estar él, íngrimo, despojado de toda compañía, y al fin me dijo, con sonrisa amarga, babeada, que no andaba con nadie, quién querría andar con él. Se había escapado, y se rió de manera idiota, se había escapado de la vigilancia de los viejos, se había salido por el muro trasero de la huerta, los viejos que a estas horas estarían alarmados, viendo como averiguar, dijo, sus hermanas lanzadas a la calle, buscándolo. Porque estaban de por medio las llamadas.

¿Llamadas? Las llamadas de amenaza, ahora me amenazan de muerte, el teléfono ha repicado hoy toda la tarde, se encogió de hombros. Y de pronto me agarró por las orejas y yo lo agarré por las orejas y nos quedamos mirando muy de cerca, como hacíamos en plena cancha cuando uno de los dos había metido un gol, te invito a un trago, por tu cumpleaños, me dijo, a pesar de que no quisiste venir al mío, y abatió la cabeza sobre mi hombro y sentí que la baba de su boca, y sus lágrimas, me  mojaban la playera.

Cómo va a ser eso, le dije, y busqué sonreírle. Pues eso, hermanito, que me van a matar. ¿Por el gol aquel?, le pregunté, queriendo ponérsela lejana. ¿Pues te parece poco? Me están queriendo matar desde que ocurrió, y yo volví a sonreír, pendejo que eres, le solté las orejas, y fue como si soltara una cabeza sin vida. Pendejo que eres, maricón de mierda. Tomemos un trago, a tu salud y la mía. Y le pedí al barman dos whiskies.

El barman colocó con golpes secos los vasos sobre la plancha, acercó la botella de Wild Turkey, vertió dos medidas en cada vaso, y se agachó para sacar el hielo con la paletilla. Fue a la caja, marcó en el teclado, y rompió en pedacitos la nota que tiró a una papelera invisible bajo el mostrador. Supuse que se había equivocado y que imprimiría otra vez la nota, y  entonces le dije que yo pagaría por todo, por esta ronda y por lo que se había bebido antes el Pibe Cabriola, que me diera a mí la cuenta, y le extendí mi tarjeta de crédito.

Él me hizo un breve gesto de que no, y pasó su mirada sobre el Pibe Cabriola que sentado otra vez en la banqueta había doblado la cabeza sobre la plancha. Cortesía de la casa, me dijo con gravedad, y no sin cierta misericordia. Todo lo que él se ha bebido esta noche, desde que entró aquí, y lo señaló con un gesto de los labios, es cortesía de la casa. Y desapareció de mi vista, ahora azorado, para atender a otros clientes.

Ya vengo, le dije al Pibe Cabriola, que farfullaba palabras que no entendí, o ahora sé que entendí: todo el trago que yo quiera es gratis porque ya ves, mi hermano, me van a matar. Ya vengo, voy a avisarle a los muchachos que estoy aquí contigo, le dije, pero más bien iba a advertirles que debía ausentarme por un rato. Tenía que sacarlo de allí, llevarlo a su casa, entregárselo a sus viejos.

Cuando volví al bar, ya no estaba en la banqueta. Me costó trabajo abrirme paso porque ahora el gentío se había cerrado sobre el espacio congelado antes a su alrededor, como si el hueco jamás hubiera existido, como si el Pibe Cabriola bebiendo solitario jamás hubiera existido. Quise preguntarle al barman pero trajinaba en el otro extremo de la barra, y de alguna manera sentí que no me quería dar la cara.

Cuando la puerta forrada de vinilo negro se cerró tras de mí, los ruidos del Gun and Roses quedaron atrapados dentro y me encontré con los de la calle bulliciosa, los parlantes de los vehículos atronando en la noche sin estrellas y el eco profundo de los instrumentos de percusión como latigazos sobre el rumor de conversaciones dispersas, gritos y risas, y el humo de los cigarrillos como una niebla que subía del río ya seco. Lo busqué al Pibe Cabriola entre tantos rostros despreocupados hasta donde alcanzó mi vista, pero de alguna manera sabía que la Beato Prudencio Larraín no había sido su rumbo, sino los callejones perdidos del Santo Nombre donde habíamos pateado por primera vez una pelota de trapo.

Giré hacia la oscuridad de un callejón de bodegas cerradas con cadenas, en lo alto la silueta de un tanque de agua sobre una torre de fierro, las láminas de calamina que sonaban desclavadas en los techos como un batir de alas de animales viejos, los almacenes enrejados como crujías, y el tufo a basura de los tachos volcados que revolvían los perros y venía de lo profundo como de un túnel que se bifurcaba y se repartía en otros callejones que eran como otros túneles.

Oí entonces pasos que se alejaban a la carrera en distintas direcciones, y lo descubrí tirado en la acera bajo las luces de neón mortecino de una farmacia cerrada, y corrí, hubiera querido creer que se había desplomado borracho, me arrodillé a su lado y palpé la sangre en su rostro y en su camisa, la cabellera azabache se le habían quitado a tijeretazos, o con navaja, abriéndole surcos y heridas, un corte en una oreja y un tajo profundo en el estómago donde la sangre se aposentaba y se hacía más negra, los ojos de vidrio y la boca abierta en una sonrisa para siempre inocente.
De Catalina y Catalina, 2001
The Sound of Silence - Simon & Garfunkel, 1964