Chet Baker - Like Someone In Love

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sábado, 30 de diciembre de 2017

El cementerio marino - Paul Valéry - Francia


Le cimetière marin

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencee
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir!
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.

Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme, et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi
Tant de sommeil sous une voile de flamme,
O mon silence! . . . Édifice dans l'ame,
Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit!

Temple du Temps, qu'un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m'accoutume,
Tout entouré de mon regard marin;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine sème
Sur l'altitude un dédain souverain.

Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche où sa forme se meurt,
Je hume ici ma future fumée,
Et le ciel chante à l'âme consumée
Le changement des rives en rumeur.

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change!
Après tant d'orgueil, après tant d'étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m'abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.

L'âme exposée aux torches du solstice,
Je te soutiens, admirable justice
De la lumière aux armes sans pitié!
Je te tends pure à ta place première,
Regarde-toi! . . . Mais rendre la lumière
Suppose d'ombre une morne moitié.

O pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d'un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l'événement pur,
J'attends l'écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l'âme un creux toujours futur!

Sais-tu, fausse captive des feuillages,
Golfe mangeur de ces maigres grillages,
Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,
Quel corps me traîne à sa fin paresseuse,
Quel front l'attire à cette terre osseuse?
Une étincelle y pense à mes absents.

Fermé, sacré, plein d'un feu sans matière,
Fragment terrestre offert à la lumière,
Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,
Composé d'or, de pierre et d'arbres sombres,
Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombres;
La mer fidèle y dort sur mes tombeaux!

Chienne splendide, écarte l'idolâtre!
Quand solitaire au sourire de pâtre,
Je pais longtemps, moutons mystérieux,
Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes,
Éloignes-en les prudentes colombes,
Les songes vains, les anges curieux!

Ici venu, l'avenir est paresse.
L'insecte net gratte la sécheresse;
Tout est brûlé, défait, reçu dans l'air
A je ne sais quelle sévère essence . . .
La vie est vaste, étant ivre d'absence,
Et l'amertume est douce, et l'esprit clair.

Les morts cachés sont bien dans cette terre
Qui les réchauffe et sèche leur mystère.
Midi là-haut, Midi sans mouvement
En soi se pense et convient à soi-même
Tête complète et parfait diadème,
Je suis en toi le secret changement.

Tu n'as que moi pour contenir tes craintes!
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
Sont le défaut de ton grand diamant! . . .
Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,
Un peuple vague aux racines des arbres
A pris déjà ton parti lentement.

Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L'argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs!
Où sont des morts les phrases familières,
L'art personnel, les âmes singulières?
La larve file où se formaient les pleurs.

Les cris aigus des filles chatouillées,
Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
Le sein charmant qui joue avec le feu,
Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
Tout va sous terre et rentre dans le jeu!

Et vous, grande âme, espérez-vous un songe
Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge
Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici?
Chanterez-vous quand serez vaporeuse?
Allez! Tout fuit! Ma présence est poreuse,
La sainte impatience meurt aussi!

Maigre immortalité noire et dorée,
Consolatrice affreusement laurée,
Qui de la mort fais un sein maternel,
Le beau mensonge et la pieuse ruse!
Qui ne connaît, et qui ne les refuse,
Ce crâne vide et ce rire éternel!

Pères profonds, têtes inhabitées,
Qui sous le poids de tant de pelletées,
Êtes la terre et confondez nos pas,
Le vrai rongeur, le ver irréfutable
N'est point pour vous qui dormez sous la table,
Il vit de vie, il ne me quitte pas!

Amour, peut-être, ou de moi-même haine?
Sa dent secrète est de moi si prochaine
Que tous les noms lui peuvent convenir!
Qu'importe! Il voit, il veut, il songe, il touche!
Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
À ce vivant je vis d'appartenir!

Zénon! Cruel Zénon! Zénon d'Êlée!
M'as-tu percé de cette flèche ailée
Qui vibre, vole, et qui ne vole pas!
Le son m'enfante et la flèche me tue!
Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
Pour l'âme, Achille immobile à grands pas!

Non, non! . . . Debout! Dans l'ère successive!
Brisez, mon corps, cette forme pensive!
Buvez, mon sein, la naissance du vent!
Une fraîcheur, de la mer exhalée,
Me rend mon âme . . . O puissance salée!
Courons à l'onde en rejaillir vivant.

Oui! grande mer de delires douée,
Peau de panthère et chlamyde trouée,
De mille et mille idoles du soleil,
Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,
Qui te remords l'étincelante queue
Dans un tumulte au silence pareil

Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux rejouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!


El cementerio marino

Ese techo -palomas y caminos-
entre tumbas palpita y entre pinos.
Filo del mediodía, arde la amarga
mar, la mar siempre recién renacida.
¡Premio al pensar: cómo después mi vida
calma en los dioses su mirada larga!

¡Que un tejer de relámpagos consuma
tanto diamante efímero de espuma,
y la paz por ventura comprendemos!
Pues cuando un sol reposa en el abismo,
labores puras de un Principio mismo,
el tiempo brilla y, al soñar, sabemos.

Tesoro estable, templo de Minerva,
sosiego en masa y lúcida reserva,
Agua parpadeante, Ojo que ocultas
bajo la llama tanto sueño y calma,
¡oh mi silencio!... Edificio en el alma,
colmo de oro, techo que sepultas.

Templo del Tiempo en un suspiro, un rapto,
Trepo a ese punto puro y a él me adapto
y en torno esparzo mi mirar marino.
Y a los dioses elevo -ofrenda suma-
tanto imposible hervir de luz y espuma
desparramando un tedio diamantino.

Como la fruta en goce se resuelve
y su ausencia en delicia que no vuelve
en una boca que abolió su esfera,
mi porvenir de humo aspiro en vida
y el cielo canta al alma consumida
cómo en rumor se muda la ribera.

¡Mírame otro, oh bello, oh cierto cielo!
Tras tanto orgullo y tan extraño anhelo
de ociosidad colmada de pujanza,
a este espacio me doy. Mi sombra leve
sobre las casas de los muertos mueve
sus velos y se humilla a su mudanza.

El alma expuesta a antorchas de solsticio,
¡yo te sostengo, riguroso quicio,
ley de la luz en armas, sin piedad!
Pura, te vuelvo hasta tu antigua cumbre.
¡Contémplate!... Mas devolver la lumbre
supone en sombra aciaga otra mitad.

Para mí solo, solo, donde mana
de mi íntima poesía la fontana,
entre el vacío y el suceso puro,
aguardo el eco de mi hondura interna
sombría, amarga y música cisterna,
alma hueca de un son siempre futuro.

¿Sabes, falsa cautiva de esas frondas
o rejas que devoras con tus ondas,
a ojos ciegos secretos esplendentes,
qué cuerpo me empereza hacia esta nada,
a esta tierra de huesos abonada?
Una centella piensa en mis ausentes.

Sacro redil, lleno de un fuego alado,
trozo de tierra a la luz ofrendado,
en él, ¡antorchas!, quiero complacerme.
Árboles, oro, piedra y mármol tanto
temblando sobre tanta sombra y llanto.
La mar -leal- sobre mis tumbas duerme.

¡Ladra tú, perra espléndida, al impío
idólatra! Que yo, pastor, sonrío
y apaciento carneros misteriosos,
blanco rebaño de las tumbas quietas.
Aléjame palomas recoletas,
baldíos sueños, ángeles curiosos.

Y el porvenir es ya pereza. Rasca
la agria chicharra y chasca la ojarasca.
Todo, ardido, deshecho, va a la altura,
por el aire, a no sé qué grave esencia.
Vasta es la vida, en embriaguez de ausencia,
la mente clara y dulce la amargura.

Escondidos aquí en el cementerio
que los calienta y seca su misterio,
los muertos bien están. Y arriba el quieto
Mediodía en sí piensa, a sí se gusta.
Cabeza en paz, diadema que se ajusta,
en ti yo soy el devenir secreto.

¡Me tienes sólo a mí entre tus temores!
Mis desmayos, mis dudas, mis dolores
son el defecto de tu gran diamante.
Pero en su noche, toda hundida en mármoles,
un pueblo en las raíces de los árboles
vaga hacia ti, despacio, vacilante.

Ya se han fundido en una ausencia espesa.
Bebió la arcilla roja de la huesa
la blanca especie. Y flores allí oscilan.
¿Y las frases queridas de los muertos?
¿Y el arte, el alma, personales, ciertos?
Donde lloros manaban, larvas hilan.

Chillidos de muchachas retozadas,
ojos, dientes, mejillas mal gozadas,
el seno audaz que juega con el fuego,
sangre en los labios que por fin se entregan,
últimos dones, dedos que aún los niegan:
¡Todo va bajo tierra y vuelve al juego!

¿Y tú, alma grande, un sueño acaso esperas
que ya no mienta tintas lisonjeras,
como ese oro, esas ondas en vaivén?
Disuelta ¿aún cantarías? ¡Bah! ¡Todo huye!
Mi presencia porosa se diluye
y la santa inquietud muere también.

Flaca inmortalidad, negra y dorada,
consoladora horrenda y laureada
que nos cambias la muerte en madre tierna.
Qué lindo embuste y qué piadosa traza.
¿Quién que ya los conozca, no rechaza
al cráneo huero y a su risa eterna?

Padres hondos, cabezas no habitadas,
bajo el peso de tantas paletadas,
tierra sois en que el paso se me pierde.
El gusano, tan cierto, que me roe,
a vosotros, durmientes, no os corroe.
¡Vive de vida y sin cejar me muerde!

¿Amor quizá o es odio de mí mismo?
Su oculto diente ahínca en tal abismo
que cualquier nombre le es indiferente.
Qué importa. Mira y quiere y sueña y toca
y le tienta mi carne y le provoca.
¡Viviendo estoy de ser de ese viviente!

¡Zenón, Zenón de Elea la nombrada!
¿Me has traspasado con tu flecha alada
que vibra y quieta está, vuela y no vuela?
¡Me engendra el son, me mata la saeta!
¡Oh Sol!... ¡Qué sombra de tortuga, meta
del alma. Aquiles que el correr congela!

¡No, No! ¡De pie! ¡A la era sucesiva!
¡Rompe, cuerpo, esta forma pensativa!
¡Bebe el nacer del viento que te sonda!
Esa frescura que la mar exhala
-¡la sal!- me vuelve el alma y me regala.
¡Corred! ¡Saltad! ¡A hundirnos en la onda!

¡Sí, delirante mar alborotada,
piel de pantera y clámide estofada
por mil soles que al sol heredan culto,
hidra absoluta, carne azul de ola
que te muerdes las chispas de tu cola
en un sordo y unánime tumulto!

¡Hay que vivir! ¡Ya se levanta el viento,
cierra, abre el libro, a ráfagas, violento!
¡Allá van olas, chocan, se deshacen!
¡Volad, páginas mías, deslumbradas!
¡Romped, olas del júbilo brotadas,
el techo liso en que los foques pacen!
Traducción de Gerardo Diego

domingo, 25 de diciembre de 2016

Nocturno XI - Gerardo Diego - España


Sentadas sobre un pozo alabastrino
una mujer desnuda  -amor profano-
y una blanca doncella  -amor divino-.
¿No recordáis el cuadro de Tiziano?

También en el nocturno chopiniano
se oye primero el cántico argentino
que nos dice las rosas del camino,
que al goce invita del amor profano.

El ave del amor borda su trino
escondida en el bíblico manzano,
y un cupidillo frívolo y pagano
apunta al cielo el chorro cristalino.

Es todo risas. Se respira un vano
perfume anacreóntico; y el vino
tiñe acaso el paisaje veneciano
como en una vendimia de Bassano
o en una bacanal del Aretino.

Un acorde litúrgico; imagino
que lo trenza algún órgano cristiano.
Es la aureola del amor divino
la que ilumina el corazón humano.

Renunciamiento, paz, quietud, lejano
son de plegarias místicas. El lino
de un cuento nazareno y peregrino
devana el dulce corazón del piano.

Y se piensa en el claustro; el vespertino
toque de Ángelus, trémulo y lontano,
un conventual jardín benedictino,
azucenas, cipreses, una mano
blanca en las sombras lentas adivino...

Pasa el encanto del amor divino.
Vuelve el triunfo del amor pagano.
Ya conoces los dos, mi buen hermano.
Pero tú no decides tu camino.
Es tan bello el amor a lo profano...
Es tan bello el amor a lo divino...
Nocturno nº 11 - Frédéric Chopin
Piano: Dubravka Tomšič

miércoles, 15 de junio de 2016

Los gatos// The Naming Of Cats - T. S. Eliot - Estados Unidos-Gran Bretaña / Les Chats - Charles Baudelaire - Francia / Los gatos de Caltojar - Gerardo Diego - España / A un gato - Jorge Luis Borges - Argentina / Gatos, Gatos y gatos - Rafael Alberti - España / Gatos - Ida Vitale - Uruguay / El gato de mi casa - Eliseo Diego - Cuba / Gato - Víctor Botas - España


The Naming Of Cats

The Naming of Cats is a difficult matter,
It isn't just one of your holiday games;
You may think at first I'm as mad as a hatter
When I tell you, a cat must have THREE DIFFERENT NAMES.
First of all, there's the name that the family use daily,
Such as Peter, Augustus, Alonzo or James,
Such as Victor or Jonathan, George or Bill Bailey
All of them sensible everyday names.
There are fancier names if you think they sound sweeter,
Some for the gentlemen, some for the dames:
Such as Plato, Admetus, Electra, Demeter--
But all of them sensible everyday names.
But I tell you, a cat needs a name that's particular,
A name that's peculiar, and more dignified,
Else how can he keep up his tail perpendicular,
Or spread out his whiskers, or cherish his pride?
Of names of this kind, I can give you a quorum,
Such as Munkustrap, Quaxo, or Coricopat,
Such as Bombalurina, or else Jellylorum
Names that never belong to more than one cat.
But above and beyond there's still one name left over,
And that is the name that you never will guess;
The name that no human research can discover
But THE CAT HIMSELF KNOWS, and will never confess.
When you notice a cat in profound meditation,
The reason, I tell you, is always the same:
His mind is engaged in a rapt contemplation
Of the thought, of the thought, of the thought of his name:
His ineffable effable
Effanineffable
Deep and inscrutable singular Name.


Cómo llamar a un gato

Ponerle nombre a un gato es harto complicado,
desde luego no es un juego para los muy simplones.
Pueden pensar ustedes que estoy algo chiflado
cuando digo que al menos ha de tener TRES NOMBRES.
Lo primero es el nombre que le damos a diario;
como Pedro, Alonso, Augusto o Don Bigote;
Como Víctor o Jorge o el simpático Paco.
Todos ellos son nombres bastante razonables.
Los hay más bonitos y que suenan mejor
para las damas y los caballeros,
como Admetus, Electra, Démeter, o Platón,
pero todos son nombres demasiado discretos.
Y un gato ha de tener uno más especial,
que sea peculiar, algo más digno.
¿Cómo, si no, va a alzar su rabo vertical
o atusar sus bigotes y mantenerse altivo?
De nombres de este tipo os puedo dar un quórum
como son Mankostrop, Quoricopat o Qaxo,
también Bamboliurina o, si no, Yellylorum,
son nombres que jamás compartirán dos gatos.
Pero a pesar de todo, nos queda un nombre más,
y ése es el que tú nunca podrás adivinar,
el nombre que los hombres jamás encontrarán.
Que SÓLO EL GATO LO SABE y no confesará.
Si un gato ves en meditación,
el motivo nunca te asombre.
Su mente está en contemplación
de la Idea Una de su nombre.
Su inefable, efable,
efainefable,
único, oscuro, inescrutable Nombre.
De El libro de los gatos habilidosos del Viejo Possum, 1939
Traducción de R. Ortiz
T. S. Eliot

The Naming Of Cats en la voz de T. S. Eliot


Les Chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.


Los gatos

Los fervientes amorosos y los austeros sabios
Aman igualmente, en su estación madura,
A los gatos fuertes y dulces, orgullo de la casa,
Que como ellos son friolentos y sedentarios.

Amigos de la ciencia y la voluptuosidad,
Buscan el silencio y el horror de las tinieblas;
El Erebo los habría tomado por sus corceles fúnebres,
Si pudieran doblegar al siervo su ferocidad.

Ellos sueñan y adoptan las nobles actitudes
De grandes esfinges alargadas en el fondo de las soledades,
y parecen dormir dentro de un sueño sin fin;

Sus reinos fecundos están llenos de chispas mágicas
Y de parcelas doradas, como una arena fina,
Que destellan vagamente en sus pupilas místicas.
Versión de Antonio Cajero


Los gatos de Caltojar

Uno de Abril. Rasga el coche
el silencio matinal
y al susto espabilan ágiles
los gatos de Caltojar.

Se escurre uno en la gatera
trepa otro hasta el desván,
aquél por el quicio huye
como culebra rampal
y al de más allá le traga
vainica de palomar.
Zapaquilda borda un mutis
de comedia y paso atrás.
Las alcándaras vacías,
desiertos corral, zaguán,
dueños y señores reinan
los gatos de Caltojar.

He visto un berrendo en negro
otro de capa pardal,
uno blanco preciosísimo
y otro rubio barrabás,
y aquel que raya la calle
como una estrella fugaz
me recordó el puma insigne
del zoo de Tucumán.

La gatomaquia completa,
la gatoerótica audaz,
gime, maúlla, se frota
con chispas de fluido aural
y se persigue y enlaza
en palenque de danzar.

Los héctores, las andrómacas,
los aquiles de arrabal,
prueban garfios de uñas
sus ilíadas mientras van
aqueos de escaramuza
a esconderse en el palmar
de una sola palma idílica
-anacronismo integral-
esa que fuera del tiempo
San Baudelio hace ondear.

Que bien que duermen al sol,
bailan chacona a compás,
fantomáticos se enlunan
los gatos de Caltojar.
De Soria sucedida, 1977


A un gato

No son más silenciosos los espejos
ni más furtiva el alba aventurera;
eres, bajo la luna, esa pantera
que nos es dado divisar de lejos.

Por obra indescifrable de un decreto
divino, te buscamos vanamente;
más remoto que el Ganges y el poniente,
tuya es la soledad, tuyo el secreto.

Tu lomo condesciende a la morosa
caricia de mi mano. Has admitido,
desde esa eternidad, que ya es olvido,

el amor de la mano recelosa.
En otro tiempo estás. Eres el dueño
de un ámbito cerrado como un sueño.

Gatos, gatos y gatos

Gatos, gatos y más gatos
me cercaron la alcoba en que dormía.
Pero gato que entraba no salía,
muerto en las trampas de mis diez zapatos.

Cometí al fin tantos asesinatos,
que en toda Roma ningún gato había,
mas la rata implantó su monarquía,
sometiendo al ratón a sus mandatos.

Y así hallé tal castigo, que no duermo,
helado, inmóvil, solo, mudo, enfermo,
viendo agujerearse los rincones.

Condenado a morir viviendo a gatas,       
en la noche comido por las ratas
y en el amanecer por los ratones.
De Roma, peligro para caminantes


Gatos

Como tras los mullidos ves tres gatos
a su trisagio erótico ceñidos,
saltar por los tejados, aguerridos
como otros d'Artagnan, Porthos y Athos,

pasas a depender, no de insensatos
pensamientos ajenos repetidos
ni de tu larga deuda de descuidos
sino del paso de estos gatos gratos.

El primero te quita de lo humano
sin llevarte por eso a lo divino;
el segundo te anima la sonrisa;

con el tercero, piensas, de la mano,
más cabal, de la cola del felino:
¿a qué, no siendo humanos, tanta prisa?
De Reducción del infinito, 2002


El gato de mi casa

Bendito el gato de mi casa
porque no hay otro Paraíso para él
ni más Eternidad
que el sitio al sol donde ahora duerme.

De modo que mi casa a salvo está
mientras él sueñe.
Eliseo Diego


Gato

Pavorosa inocencia la de éste
que junto a mí dormita. Nada sabe
de su breve pasado y su futuro
incierto en todo, salvo en una cosa:

también él morirá! Saca las uñas,
se pasea por casa, sigue atento
cuanto pueda moverse, y ahí termina
su actividad de augur. Tiene la panza

repleta y no le pide correr riesgos
para poder vivir. De tarde en tarde,
cuando se pone algo melancólico,

traza curiosos signos que no siempre
consigue descifrar. Entonces, pobre,
para animarle un poco, ronroneo.
Víctor Botas


Hay además en este blog otros poemas de Pablo Neruda y Carlos Barral sobre gatos.

jueves, 8 de agosto de 2013

Nocturno funambulesco - Gerardo Diego / Fragmento de La noche que llegué al Café Gijón - Francisco Umbral - España


El muelle es el escenario.
Desde allí diviso el vario,
brumario y extraordinario
               panorama.
Los luceros se estremecen.
Tan diminutos parecen
margaritas que florecen
               en la grama.

Sobre el silencio terrestre
se abre el blanco circo ecuestre
en el paisaje rupestre
               de la luna.
Mis visiones de noctámbulo
acrobatizo sonámbulo
en equilibrio funámbulo
               una a una.

La luna en cuarto creciente
es como un huevo esplendente.
Todo el cielo se resiente
               de su luz.
Los faroles en hilera
son estrellas de primera,
de segunda y de tercera
               magnitud.

Se divisa en lontananza
el verde de la esperanza
y el rojo, sobre la panza
               de un vapor.
Y con el lunar reflejo
se agitan en el espejo
formando un vivo aparejo
               tricolor.

La guirnalda de las luces
cae en el agua de bruces,
quebrándose en mil chapuces.
               Y si arrecia
la brisa sobre el cristal
móvil, rizado, banal,
baila el agua un carnaval
               de Venecia.
                                              [1918]

    A Gerardo le había visto yo un par de veces en provincias, dando conferencias al piano. Para mí estaba vigente el Gerardo del surrealismo, el vanguardismo, el creacionismo, el ultraísmo, el gerardismo. Toda aquella poesía fresca, sorprendente, deshilada, que tenía un poco del sol parisino y cosmopolita de Apollinaire y un poco del sol madrileño y pequeñoburgués de Ramón Gómez de la Serna.
    Un día de mi santo me había comprado yo a mí mismo, en soledad, me había regalado una antología de Gerardo Diego. Gerardo tenía algo de pobre de pedir soso, que no pide nada, una sequedad de santo de sacristía, desmentida por la pelambrera interior que le salía por las orejas y un poco por la nariz, como la abundancia de versos -versos para los conversos y para los reversos- que habían llenado varias épocas de la vida española. A Gerardo le veía yo y le veo un poco como el surrealista dominical que puede llevar a casa, con el paquetito de la pastelería, un puñado de imágenes enceguecedoras, un ramo de palabras festivas, fluviales y enamoradas. En la tertulia se estaba quieto, clerical y profesor, fraile de paisano, catedrático de rezos laicos, con las piernas muy juntas y las manos también juntas, y a veces el mar de Santander le pasaba por los ojos, pero Gerardo incurría en parpadeo y el mar se le volaba.

sábado, 6 de julio de 2013

Fábula de Equis y Zeda (fragmento) - Gerardo Diego - España


Amor
Góngora 1927
Era el mes que aplicaba sus teorías
cada vez que un amor nacía en torno
cediendo dócil peso y calorías
cuándo por caridad ya para adorno
en beneficio de esos amadores
que hurtan siempre relámpagos y flores

Ella llevaba por vestido combo
un proyecto de arcángel en relieve
Del hombro al pie su línea exacta un rombo
que a armonizar con el clavel se atreve
A su paso en dos lunas o en dos frutos
se abrían los espacios absolutos

Amor amor obesidad hermana
soplo de fuelle hasta abombar las horas
y encontrarse al salir una mañana
que Dios es Dios sin colaboradoras
y que es azul la mano del grumete
 —amor amor amor— de seis a siete

Así con la mirada en lo improviso
barajando en la mano alas remotas
iba el galán ladrándole el aviso
de plumas blancas casi gaviotas
por las calles que huelen a pintura
siempre buscando a ella en cuadratura

Y vedla aquí equipando en jabón tierno
globos que nunca han visto las espumas
vedla extrayendo de su propio invierno
la nieve en tiras la pasión en sumas
y en margaritas que pacerá el chivo
su porvenir listado en subjuntivo

Desde el plano sincero del diedro
que se queja al girar su arista viva
contempla el amador nivel de cedro
la amada que en su hipótesis estriba
y acariciando el lomo del instante
disuelve sus dos manos en menguante

«A ti la bella entre las iniciales
la más genuina en tinta verde impresa
a ti imposible y lenta cuando sales
tangente cuando el céfiro regresa
a ti envío mi amada caravana
larga como el amor por la mañana

Si tus piernas que vencen los compases
silencioso el resorte de sus grados
si más difícil que los cuatro ases
telegrama en tu estela de venados
mis geometrías y mi sed desdeñas
no olvides canjear mis contraseñas

Luna en el humo tibio de aburridas
bien inflada de un gas que silba apenas
contempla mis rodillas doloridas
así no estallen tus mejillas llenas
contempla y dime si hay otro infortunio
comparable al desdén y al plenilunio

Y tú inicial del más esbelto cuello
que a tu tacto haces sólida la espera
no me abandones no Yo haré un camello
del viento que en tus pechos desaltera
y para perseguir tu fuga en chasis
yo te daré un desierto y un oasis

Yo extraeré para ti la presuntuosa
raíz de la columna vespertina
Yo en fiel teorema de volumen rosa
te expondré el caso de la mandolina
Yo peces te traeré —entre crisantemos—
tan diminutos que los dos lloremos

Para ti el fruto de dos suaves nalgas
que al abrirse dan paso a una moneda
Para ti el arrebato de las algas
y el alelí de sálvese el que pueda
y los gusanos de pasar el rato
príncipes del azar en campeonato

Príncipes del azar Así el tecleo
en ritmo y luz de mecanografía
hace olvidar tu nombre y mi deseo
tu nombre que una estrella ama y enfría
Príncipes del azar gusanos leves
para pasar el rato entre las nieves

Pero tú voladora no te obstines
Para cantar de ti dame tu huella
La cruzaré de cuerdas de violines
y he de esperar que el sol se ponga en ella
Yo inscribiré en tu rombo mi programa
conocido del mar desde que ama»

Y resumiendo el amador su dicho
recogió los suspiros redondeles
y abandonado al humo del capricho
se dejó resbalar por dos rieles
Una sesión de circo se iniciaba
en la constelación decimoctava
Gerardo Diego

    Compuesta mediante sextinas reales, la Fábula de Equis y Zeda, parodia de las fábulas mitológicas, constituye un buen ejemplo de poesía creacionista. La peculiar disposición tipográfica de algunas de las palabras, la libertad formal y el elevado nivel metafórico basado en la asociación de imágenes en un principio dispares y absurdas, son sus principales características. 
    El Creacionismo fue iniciado en París por el chileno Vicente Huidobro y seguido en diversos momentos por los poetas de la Generación del 27, entre ellos el santanderino Diego.

    La personalidad de Gerardo Diego es una pieza clave en la historia de la poesía contemporánea. Es el poeta vanguardista que, sistemáticamente, sorprende al lector, asombrado de sus piruetas, con la perfección clásica de sus versos no vanguardistas. Poeta, pues, de doble vertiente, atento al momento, cultivador de lo efímero, juguetón con las formas y los ritmos, y, al mismo tiempo, diestro en la estrofa clásica que utiliza como vaso en que deposita su mundo sentimental. GONZALO TORRENTE BALLESTER

martes, 2 de abril de 2013

El sueño - Gerardo Diego - España


    Apoya en mí la cabeza,
si tienes sueño.
apoya en mí la cabeza,
aquí, en mi pecho.
Descansa, duérmete, sueña,
no tengas miedo del mundo,
que yo te velo.
Levanta hacia mí tus ojos,
tus ojos lentos,
y ciérralos poco a poco
conmigo dentro;
ciérralos, aunque no quieras,
muertos de sueño.

    Ya estás dormida. Ya sube,
baja tu pecho,
y el mío al compás del tuyo
mide el silencio,
almohada de tu cabeza,
celeste peso.
Mi pecho de varón duro,
tabla de esfuerzo,
por ti se vuelve de plumas,
cojín de sueños.
Navega en dulce oleaje,
ritmo sereno,
ritmo de olas perezosas
el de tus pechos.
De cuando en cuando una grande,
espuma al viento,
suspiro que se te escapa
volando al cielo,
y otra vez navegas lenta
mares de sueño,
y soy yo quien te conduce
yo que te velo,
que para que te abandones
te abrí mi pecho.
¿Qué sueñas? ¿Sueñas? ¿Qué buscan
- palabras, besos -
tus labios que se te mueven,
dormido rezo?
Si sueñas que estás conmigo,
no es sólo sueño;
lo que te acuna y te mece
soy yo, es mi pecho.

    Despacio, brisas, despacio,
que tiene sueño.
Mundo sonoro que rondas,
hazte silencio,
que está durmiendo mi niña,
que está durmiendo
al compás que de los suyos
copia mi pecho.
Que cuando se me despierte
buscando el cielo
encuentre arriba mis ojos
limpios y abiertos.

domingo, 27 de diciembre de 2009

Villancico del rifador - Gerardo Diego - España

Mare de Deu dels Angels - Peres Serra¿Cuánto me dan por la estrella y la luna?
¿Cuánto me dan por el Niño y la cuna?


Este es un Niño sin padre ni abuelo,
este es un Niño nevado del cielo.

¿Cuánto me dan, que lo vendo barato,
cuánto me dan, que lo doy sin contrato?


Este es el Niño que mamaba ahora.
Ríe despierto y en durmiendo llora.

Casi de balde la flor del mercado.
¿Cuánto me dan, que lo doy regalado?


Este es el Niño verano en invierno.
Este es el Niño que aniña lo eterno.

¿Cuánto me dan, que lo doy sin subasta?
¿Cuánto me dan por la fruta en canasta?


Este es el Niño que viene a dar guerra,
viene a dar paz por amor de la tierra.

¿Cuánto me dan? Por moneda no quede.
Una lágrima sola que tiemble y que ruede.


Este es el Niño de la rifa loca
que todos le juegan y a todos les toca.

¿Cuánto me dan por la buena fortuna?
¿Cuánto me dan por el Niño y la luna?

miércoles, 7 de octubre de 2009

QUIJOTESCAS/2 - Jinojepa del Cervantes - Gerardo Diego - España

Miguel de Cervantes
Ay Cervantes, Cervantes, Cervantes;
pero, hombre (y por vía de apremio)
¿por qué no llegaste quince años antes?
Déjame que te jinojepe
porque aunque sepas mucho más que Lepe
y más que Lepijo
y más que su hijo
no sabes lo que es una jinojepa.

Una jinojepa es una chanza
como la de Cipión y Berganza
y también como hablar por bernardinas
—que ahora dicen en camelo—.
Abre bien los ojos y mira a don Quijote
que ya estamos en la cueva de Montesinos
—¿otra vez, Rafael, con Marisa y Salsipuedes?—
y arriba queda Sancho Panza.

Tu Don Quijote es una jinojepa monstruosa
y tu «Vive Dios que me espanta»
es otra de juguete.
Por aquí anda Rinconete en su rincón,
cripta o boquete,
y se asoma y sube y baja un Angelo-
te García Lo-
pe,
pe, pe, yo sé lo que digo
y Cortadillo es de café con leche
y el Oidor es Carlos de la Vega.
Y el bachiller Sansón Carrasco
viene de Tomé Cecial,
y para ese chasco
hacen falta narices
y quitárselas para empinar la bota
y Sancho no lo cree el muy pasota.

Por allá va Manzanos
que guiña el ojo mejor que Maese Pedro
y el Licenciado Vidriera pegado a la misma
a ver los pájaros, las parejas y la grúa.
Y los del dominó por esos prados
ahorcando cinco dobles:
son como criaturas, pobrecillos,
y el jinojepero primero
que es Pepe García Nieto
y los votos del Clase que es Don Paco Pavón,
y los cuatro evangelistas Lucas y Marquitos
y Mateo que lo busco y no lo veo
y otro jinojepánico, Juanito Pérez Creus,
y atado a su columna de cristal y jacinto
Delgado Benavente que es otro Vidriera.

Y en un aprieto justo de poetisas
las hijas de las madres o al revés,
y en su bauprés, Garcés.

Ay Cervantes, Cervantes, Cervantes
¿por qué no viniste antes
y ahora te encoges y te alargas y te alargas?
Averígüelo Vargas.
Descíframelo, Borges.

Gerardo Diego creó la jinojepa, que era un epigrama, generalmente de denuesto a un compañero de versos. Es curioso el origen de la palabra jinojepa. Cuenta Gerardo que en cierta ocasión ayudaba a un alumno a recordar alguna serranilla, y recitaba lentamente la famosa del marqués de Santillana en espera de que el examinando la recordase. «Moça tan fermosa non vi en la frontera...como la vaquera...de la...» En este punto, al muchacho se le iluminó la bombilla del caletre y soltó triunfante: «De la Jinojepa». Y el poeta agarró inmediatamente la palabra y creó las jinojepas. (Jaime Campmany)

No confundir jinojepa con jitanjáfora: creación caprichosa de sonidos que podrían ser palabras, sin más sentido que el eufónico. El término fue acuñado por el escritor mexicano Alfonso Reyes, que lo tomó de unos versos del cubano Mariano Brull:

Filiflama alabe cundre
ala olalúnea alífera
alveolea jitanjáfora
liris salumba salífera.