Chet Baker - Like Someone In Love

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viernes, 2 de mayo de 2014

Literatura y jazz/ 26 - Les feuilles mortes / Las hojas muertas / Autumn leaves - Jacques Prévert - Joseph Kosma - Francia - Hungría


Les feuilles mortes

Oh! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
Tu vois, je n’ai pas oublié…
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi

Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l’oubli.
Tu vois, je n’ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.

C’est une chanson qui nous ressemble.
Toi, tu m’aimais et je t’aimais
Et nous vivions tous deux ensemble,
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s’aiment.
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Mais la vie sépare ceux qui s’aiment.
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie.
Je t’aimais tant, tu étais si jolie.
Comment veux-tu que je t’oublie ?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n’ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais,
Toujours, toujours je l’entendrai!


Las hojas muertas

¡Oh! me gustaría tanto que recordaras,
Los días felices cuando éramos amigos,
En aquel tiempo la vida era más hermosa,
Y el sol brillaba más que hoy.
Las hojas muertas se recogen con un rastrillo,
¿Ves? No lo he olvidado.
Las hojas muertas se recogen con un rastrillo,
Los recuerdos y las penas, también.

Y el viento del norte se las lleva,
En la noche fría del olvido.
¿Ves? No he olvidado
La canción que tú me cantabas…

Es una canción que nos acerca,
Tú me amabas y yo te amaba.
Vivíamos juntos,
Tú, que me amabas, y yo, que te amaba.
Pero la vida separa a aquellos que se aman,
Silenciosamente sin hacer ruido.
Y el mar borra sobre la arena,
El paso de los amantes que se separan.

Pero la vida separa a aquellos que se aman.
Poco a poco, en silencio
Y el mar borra en la arena
Los pasos de los amantes que se separan.
Y el mar borra en la arena
Los pasos de los amantes que se separan.

Las hojas muertas se recogen con un rastrillo,
Los recuerdos y las penas, también.
Pero mi amor, silencioso y fiel
Siempre sonríe y le agradece a la vida.
Yo te amaba, y eras tan linda.
¿Cómo crees que podría olvidarte?
En aquel tiempo la vida era más hermosa
Y el sol brillaba más que hoy.
Eras mi más dulce amiga,
Mas no tengo sino recuerdos
Y la canción que tú me cantabas,
¡Siempre, siempre la recordaré!



Autumn Leaves

The falling leaves
Drift by my window
The falling leaves
Of red and gold

I see your lips
The summer kisses
The sunburned hands
I used to hold

Since you went away
The days grow long
And soon I'll hear
Old winter's song

But I miss you most of all
My darling
When autumn leaves
Start to fall

Since you went away
The days grow long
And soon I'll hear
Old winter's song

But I miss you most of all
My darling
When autumn leaves
Start to fall



    Podemos decir que la versión "fundacional" de Les feuilles mortes es la grabada por Yves Montand en 1946, con música de Joseph Kosma y ese recitado inicial: Oh! je voudrais tant que tu te souviennes des jours heureux où nous étions amis... Desde entonces, las versiones se han ido sucediendo y hoy son incontables: desde Edith Piaf hasta Eric Clapton, pasando por los que ustedes quieran, todo el mundo ha querido dejar su impronta en la canción.
    El mundo del jazz la ha utilizado hasta la extenuación, generalmente en versión instrumental, aunque también cantada. Adaptada al inglés por Johnny Mercer, se la conoce habitualmente como Autumn Leaves.
    Aquí tienen varias versiones, para que ustedes comparen. Todas ellas, creo, extraordinarias.



Eric Clapton

Cannonball Adderley: Saxo;  Miles Davis: Trompeta;  Sam Jones: Bajo;  Hank Jones: Piano;  Art Blakey: Batería

Chet Baker: trompeta;  Paul Desmond: saxo alto;  Hubert Laws: flauta;  Bob James: teclados;  Ron Carter: contrabajo;  Steve Gadd: batería

Más versiones
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Este post llevaba casi tres años en Salvo el crepúsculo. Lo recuperamos para la serie.

miércoles, 16 de octubre de 2013

Para hacer el retrato de un pájaro - Jacques Prévert - Francia


Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau

Placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...

Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider

Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée
de l'oiseau n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau

Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un les barreaux
et ayant soin de ne toucher aucune des plumes
del'oiseau
faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter

Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.


Para hacer el retrato de un pájaro

Primero pinta una jaula
con la puerta abierta.
Luego pinta
algo bello,
algo simple
algo hermoso,
algo útil
para el pájaro.

Entonces coloca el lienzo contra un árbol,
en un jardín,
en un bosque
o en la selva
y escóndete tras un árbol,
sin hablar,
sin moverte...

A veces, el ave llega pronto,
aunque puede llevar muchos años
antes de decidirse.

No te desanimes,
espera,
espera años si es preciso
qué tan rápido o qué tan lento llegue el ave
no tiene nada que ver
con el éxito de la pintura.

Cuando el ave venga,
si es que viene,
guarda el mayor silencio
hasta que entre en la jaula.
Con un pincel,
entonces,
borra todos los barrotes, uno por uno,
teniendo cuidado de no tocar ni una de las plumas
del ave.
Luego pinta el retrato de un árbol
escogiendo las ramas más hermosas
para el pájaro.
Pinta también el follaje verde, la frescura del viento,
el polvo del sol
y el ruido de las criaturas en la hierba al calor del verano.
Espera entonces a que el ave se decida a cantar.

Si no canta,
es un mal signo.
Pero si canta es un buen signo,
una señal de que ya puedes firmar el lienzo.
Así, con mucha suavidad,
arranca una de las plumas del ave
y escribe tu nombre en una esquina de la pintura.

lunes, 26 de agosto de 2013

Poesía para niños/ 7 - Página de escritura - Jacques Prévert - Francia


Page d'écriture

Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit seize...
Répétez ! dit le maître
Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize
Mais voilà l'oiseau-lyre
qui passe dans le ciel
l'enfant le voit
l'enfant l'entend
l'enfant l'appelle :
Sauve-moi
joue avec moi
l'oiseau !
Alors l'oiseau descend
et joue avec l'enfant
Deux et deux quatre...
Répétez ! dit le maître
et l'enfant joue
l'oiseau joue avec lui...
Quatre et quatre huit
huit et huit font seize
et seize et seize qu'est-ce qu'ils font ?
Ils ne font rien seize et seize
et surtout pas trente-deux
de toute façon
et ils s'en vont.
Et l'enfant a caché l'oiseau
dans son pupitre
et tous les enfants
entendent sa chanson
et tous les enfants
entendent la musique
et huit et huit à leur tour s'en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un à un s'en vont également.
Et l'oiseau-lyre joue
et l'enfant chante
et le professeur crie :
Quand vous aurez fini de faire le pitre !
Mais tous les autres enfants
écoutent la musique
et les murs de la classe
s'écroulent tranquilement.
Et les vitres redeviennent sable
l'encre redevient eau
les pupitres redeviennent arbres
la craie redevient falaise
le porte-plume redevient oiseau.


Página de escritura

Dos y dos cuatro
cuatro y cuatro ocho
ocho y ocho son dieciséis…
¡Repitan! dice el maestro
Dos y dos cuatro
cuatro y cuatro ocho
ocho y ocho son dieciséis.
Pero ahí está el ave lira
que pasa por el cielo
el niño lo ve
el niño le oye
el niño le llama:
¡Sálvame
juega conmigo
pájaro!
Entonces el pájaro baja
y juega con el niño
Dos y dos cuatro…
¡Repitan! dice el maestro
y el niño juega
y el pájaro con él…
Cuatro y cuatro ocho
ocho y ocho son dieciséis
¿Y dieciséis y dieciséis cuántas son?
No son nada dieciséis y dieciséis
y mucho menos treinta y dos
de ningún modo
y se marchan.
Y el niño ha escondido el pájaro
en su pupitre
y todos los niños
oyen la música
y ocho y ocho a su vez marchan
y cuatro y cuatro y dos y dos
a su vez se largan
y uno y uno no son ni uno ni dos
uno a uno marchan igualmente.
Y el ave lira toca
y el niño canta
y el profesor grita:
¡Cuándo acabaréis de hacer el payaso!
Pero los demás niños
escuchan la música
y las paredes de clase
se desploman tranquilamente.
Y los cristales vuelven a ser arena
la tinta vuelve a ser agua
los pupitres vuelven a ser árboles
la tiza vuelve a ser acantilado
el portaplumas vuelve a ser pájaro.
La page d'écriture, interpretada por Yves Montand